Député, ministre... La fulgurante et éphémère ascension politique de Bernard Tapie

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Décédé ce dimanche, l'ancien entraîneur de l'OM s'est un temps aventuré en politique. Apprécié par François Mitterrand, qui en fera son ministre, il aura un parcours riche en coups d'éclats... Mais avorté par ses affaires judiciaires.

À partir de la fin des années 80, au faîte de sa gloire, Bernard Tapie entreprend une ascension politique fulgurante. Jusqu'à devenir ministre, sans cacher ses ambitions municipales à Marseille pour 1995, voire présidentielles... avant d'être foudroyé par les affaires judiciaires.

Candidat aux législatives de 1988 pour la majorité présidentielle de François Mitterrand fraîchement réélu, l'homme d'affaires ne réussit pas du premier coup à s'imposer dans les Bouches-du-Rhône. Mais l'élection de son adversaire RPR invalidée un an plus tard, le patron de l'OM s'empare de la sixième circonscription, réputée ingagnable pour la gauche.

Un farouche opposant au Front national

Sur ces terres provençales où le Front national enregistre ses meilleurs scores, Tapie fait de la lutte contre l'extrême droite son fonds de commerce électoral: si d'aucuns lui reprochent de reprendre les recettes qui ont fait le succès de Jean-Marie Le Pen et l'accusent de céder à une forme de populisme désidéologisé, le fringant quadragénaire promet de "réduire à moins de 10% le score du Front national".

À la tête d'une liste "Énergie sud" en Provence Alpes Côte d'Azur lors des régionales de mars 1992, aux côtés des fidèles de la mitterrandie Jean-Louis Bianco, Élisabeth Guigou ou Léon Schwartzenberg, il crée la surprise et arrive en tête dans les Bouches-du-Rhône, avec un score largement supérieur à celui que lui promettaient les sondages.

Lors de cette campagne, il transgresse en s'en prenant autant aux dirigeants frontistes qu'à leurs électeurs:

"Arrêtons de dire que Le Pen est un salaud mais que ses électeurs doivent être compris, qu'ils ont des problèmes difficiles. Si l'on juge que Le Pen est un salaud, alors ceux qui votent pour lui sont aussi des salauds."

Tapie, ministre éclair de Mitterrand

Perçu avec méfiance par une partie du PS, l'homme politique Tapie connaît pourtant la consécration dans la foulée de l'arrivée de Pierre Bérégovoy à Matignon: il est nommé ministre de la Ville... avant de devoir en démissionner moins de deux mois plus tard après une mise en examen. 

Blanchi par un non-lieu, il réintègre le gouvernement en décembre 1992, jusqu'aux législatives de mars 1993. Avec, pour défenseur, le président Mitterrand lui-même. "Tapie, je le connaissais très peu avant le gouvernement Bérégovoy. Je l'ai accepté, il s'est révélé un excellent ministre", le défend le président Mitterrand, au grand dam des socialistes qui goûtent peu les sorties du fort en gueule, dont les convictions libérales l'éloignent de la doxa économique de la gauche française.

Affaiblir le PS: le pari réussi des élections européennes

Réélu député sous l'étiquette du Mouvement des radicaux de gauche, auquel il a adhéré un mois plus tôt, Bernard Tapie arrache une nouvelle victoire lors des cantonales dans les Bouches-du-Rhône en mars 1994.

Mais son succès électoral le plus spectaculaire intervient en juin de la même année, lorsque François Mitterrand lui demande de conduire une liste aux élections européennes pour affaiblir Michel Rocard, à la tête de la liste socialiste.

Avec Christiane Taubira, Noël Mamère et Jean-François Hory, la liste "Énergie radicale" arrive quatrième et recueille plus de 12% de suffrages, à peine deux points de moins que la liste PS, et devant celle conduite par Jean-Marie Le Pen (10,5%).

Si l'élection hypothèque irrémédiablement les ambitions élyséennes de Michel Rocard, elle amplifie celles de Tapie, désormais présenté comme présidentiable et, quoi qu'il en soit, favori pour emporter la mairie de Marseille l'année suivante, ville où il est arrivé largement en tête avec 30% des voix aux européennes.

Retraité de la politique... Et séduit par Sarkozy

L'affaire OM-VA l'oblige à renoncer et l'éloigne définitivement de la politique. S'il assure, en 2007, qu'il "préfère toujours la gauche à la droite", son vote se porte sur Nicolas Sarkozy, ainsi qu'en 2012.

En 2013, alors que la rumeur le disait à nouveau intéressé par la mairie de Marseille, un sondage anéantissait ses espoirs: il ne le créditait que de 13% des intentions de vote.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Disparition : Bernard Tapie, une vie de sport

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