Bernard Tapie, homme d’affaires aussi dans le sport

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Bernard Tapie, décédé ce 3 octobre, avait aussi investi dans le sport. Avec surtout un succès historique en Ligue des champions, remportée avec l’Olympique de Marseille en 1993 face au Milan AC, il avait réussi à imposer son nom sur la planète sport. Sans compter son équipe cycliste dans les années 1980.

De Bernard Tapie, on retient la carrière de patron repreneur d’affaires en difficulté, ou d’homme politique. Mais il était à l’image d’un couteau suisse. L’éphémère député et ministre de François Mitterrand au début des années 1990 avait aussi le goût du sport et des succès sportifs.

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Mentor de Greg Lemond

Dans le sport, Bernard Tapie a connu des grands moments d’ivresse, comme lorsqu’il emmena le premier coureur américain sur la première marche du podium du Tour de France avec Greg Lemond en 1986. L’équipe La Vie Claire et son maillot à rectangles multicolores restera sans aucun doute la formation qui a le plus marqué les esprits des amateurs de cyclisme et du Tour de France.

L’image de l’arrivée de l’étape en haut de l’Alpe d’Huez du Tour 86 avec Bernard Hinault et Greg Lemond, main dans la main pour saluer la domination absolue de leur équipe, reste dans la mémoire des passionnés de la Grande boucle. Et pour couronner le tout, aucun des deux coureurs ne portait le maillot légendaire de la formation française.

Lemond était paré du maillot jaune de leader et Hinault avait sur les épaules le maillot multicolore du classement combiné. Trois ans seulement après sa création, cette étape avait marqué l’apogée de l’équipe, avant un lent déclin. Si Bernard Tapie avait gagné l’amitié des champions, il s’était fâché avec les gardiens du temple de ce sport. « T’arrives, tu casses tout. Puis, tu t’en vas en laissant tout cassé ? C’est intéressant, ça ? », s’était ému Cyrille Guimard, incontournable dans le cyclisme mondial dans les années 1980. Guimard avait fait gagner le Tour à Lucien Van Impe pour sa première année de directeur sportif, couvé Bernard Hinault, découvert Laurent Fignon. Hinault, était entré en conflit avec Guimard au sein de la régie Renault, sponsor de l’équipe la plus puissante du monde.

Bernard Tapie n’avait certainement pas choisi le cyclisme par hasard, mais pour faire fructifier ses affaires. À l’époque, il avait fait l’acquisition de la société Look, qui travaillait sur un nouveau modèle de pédales automatiques. Il voyait dans la nouvelle équipe montée autour de Bernard Hinault un formidable tremplin pour vendre ce produit.

Bernard Tapie, qui voyait toujours les choses en grand, ne lésinait pas sur les moyens et les salaires des coureurs étaient largement au-dessus de la concurrence. Une vraie révolution dans le milieu du cyclisme où les « porteurs d’eau » étaient, à l’époque, rémunérés chichement. La formation était sponsorisée par les sociétés de Tapie : la chaîne de magasins d’alimentation diététique La Vie Claire, le constructeur de pèse-personnes Terraillon et les cycles Look.

L’OM pour briller sur le toit de l’Europe

Autre grand moment pour Tapie dans le sport, la première et seule Ligue des champions d’un club français, en 1993, avec l’Olympique de Marseille. Ancienne gloire du football français, l'OM végétait alors à la quinzième place du championnat de France. Au moment de son rachat, pour 1 franc symbolique, par Tapie en 1986, le club n'avait plus gagné de titre depuis dix ans.

Le 26 mai 1993, soixante-quatre mille personnes s’étaient massées au stade olympique de Munich, retenant leur souffle. Les 16 millions de téléspectateurs devant TF1 étaient aussi fébriles, avant la délivrance offerte par Basile Boli. À la 45e minute, sur un corner, le défenseur marseillais devance Frank Rijkaard, sous les regards de Costacurta, Baresi, Lentini, Boksic et Maldini et marque le but qui va donner la victoire à l’OM. Chaque année, les Marseillais célèbrent cette date majeure du club.

« J'étais, il n'y a pas si longtemps, le sélectionneur de la plupart de ces gars-là. Et ils étaient formidables. Cela va être un tremplin formidable pour le foot et pour la Coupe du monde en France. Marseille méritait de gagner cette finale. Il avait un très beau palmarès et il devait avoir cette récompense », avait déclaré Michel Platini, à l’époque, à propos de cette rencontre mémorable. Après le coup de sifflet final, Tapie fondait en larmes devant les caméras et disait : « On ne devrait pas se mettre dans un tel état, on est des gamins ? »

Le foot l’emmène aussi en prison

Mais la suite sera moins réjouissante pour Bernard Tapie. Quelques semaines plus tard, la révélation du match truqué OM-Valenciennes fait l’effet d’une bombe. Les responsables de l’OM sont condamnés pour avoir corrompu les joueurs nordistes en vue d’assurer aux Marseillais un match tranquille avant la finale de la Coupe d’Europe. Tapie va même en prison. Les aveux de son ancien bras droit à l’Olympique de Marseille, Jean-Pierre Bernès, avaient précipité les condamnations dans l’affaire du match truqué. Son successeur à la présidence du club marseillais, Pape Diouf, dira dans un documentaire sur la chaîne L’Équipe : « Tapie voulait gagner dans le sport qui comporte, par définition, des aléas, en éliminant ces aléas. »

Bernard Tapie était capable de déplacer des montagnes comme lors de l’achat de la société Adidas en 1991. « Le plus beau jour de ma vie après mon mariage et la naissance de mes enfants », avait-il dit. La revente de la marque sportive aux trois bandes en 1993, confiée au Crédit Lyonnais, alors public, le plonge dans un tourbillon judiciaire et financier toujours d’actualité. Il s’en va sans avoir eu l’occasion de refermer ce dossier.

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