Berlin ne veut pas plafonner le prix du gaz importé dans l’UE

Berlin ne veut pas plafonner le prix du gaz importé dans l’UE

L'Allemagne s'oppose au principe d'un plafonnement des prix du gaz importé. L'idée fait pourtant son chemin dans l'Union européenne pour faire face à la flambée des coûts de l'énergie. Mais la ministre adjointe allemande en charge des Affaires européennes assure, au micro d’Euronews, que cette mesure est contreproductive et qu'elle provoquerait un mouvement d'inquiétude auprès des fournisseurs.

Seule l’UE appliquerait un plafond au risque de détourner les flux gaziers vers d’autres acheteurs.

"Nous pourrions avoir une pénurie d'approvisionnement en gaz ou un approvisionnement encore plus faible dans l'UE. Je pense que nous devons faire très attention avec ce type de plafonnement des prix", prévient Anna Lührmann.

Pour Berlin, l'Union doit diversifier ses livraisons et engager des négociations directes avec les fournisseurs de gaz pour obtenir des prix plus faibles.

"Je pense qu'il faut parler avec chacun des fournisseurs de gaz comme la Norvège sur la façon de réduire les prix. Ils ont un intérêt majeur à voir l'Union européenne et le marché européen prospérer", explique la ministre adjointe.

La responsable allemande soutient aussi les mesures proposées par la Commission européenne y compris une diminution de la demande en électricité et une taxe sur les superprofits réalisés par les entreprises énergétiques.

"Les bénéfices exceptionnels des entreprises énergétiques sont indispensables pour que nous puissions utiliser ces surplus, qui ne sont pas justifiés par un quelconque effort supplémentaire des entreprises", précise Anna Lührmann.

"Mais justement, le marché de l'énergie est structuré de manière à ce que nous puissions utiliser ces excédents et les reverser aux consommateurs, aux citoyens, en particulier à ceux qui sont dans le besoin", ajoute-t-elle.

Dans le cadre du Conseil Affaires générales ce mardi à Bruxelles, les 27 ministres en charge des Affaires européennes veulent aussi étudier la possibilité de ne plus recourir au vote à l'unanimité en matière de politique étrangère. Anna Lührmann estime que ce changement doit intervenir le plus rapidement possible et ce avant l'adhésion de nouveaux pays membres.