Berlin interdit la branche allemande du groupuscule néo-nazi Combat 18

« L'extrémisme de droite et l'antisémitisme n'ont pas de place dans la société », a écrit un porte-parole du ministère allemand de l'Intérieur pour justifier l'interdiction de Combat 18, une organisation jugée particulièrement dangereuse. La montée des violences d'extrême-droite a contribué à cette décision attendue.

De notre correspondant à BerlinPascal Thibaut

Combat 18

  • 1 pour la première lettre de l’alphabet A
  • 8 pour la huitième le H

A.H, les initiales d'Adolf Hitler. Un code très répandu dans les milieux néo-nazis. Le groupuscule ne compterait actuellement qu’une vingtaine de membres mais il est considéré comme dangereux. Après le meurtre en juin dernier du préfet Lübcke, favorable à l’accueil des migrants, des liens du suspect avec avaient été révélés.

Combat 18 est né en Grande-Bretagne au début des années 90 où le groupe s’attaquait à des noirs, des homosexuels ou des juifs. Il a perpétré des attentats à la bombe. La branche allemande créée peu après avait plus tard plus ou moins disparu avant de refaire parler d’elle ces dernières années. L’organisation diffusait de la musique d’extrême droite et antisémite, organisait des concerts, se livrait au commerce illégal des armes et fournissait des informations sur la construction de bombes.

L’interdiction de Combat 18 était évoquée depuis quelques mois. Les experts estiment qu’une telle annonce était contre productive car elle laissait du temps à l’organisation de prendre ses précautions. Si c’est le cas, l’intérêt des perquisitions menées ce matin dans six régions allemandes contre les membres du groupuscule néo-nazi pourraient se révéler décevantes pour les enquêteurs.

Cette décision intervient alors que l'Allemagne et le monde commémore le 75ème anniversaire de la libération du camp d'extermination nazi d'Auschwitz.