Benoît XVI : adieu au “dernier des conservateurs”

“Seigneur, je t’aime.” Selon les indiscrétions de la presse transalpine, ces paroles, prononcées en italien, ont été les dernières de l’existence de Joseph Ratzinger.

Pape de 2005 à 2013, le prédécesseur de François est décédé samedi 31 décembre, et bien que l’homme ne fût plus souverain pontife depuis bientôt une décennie, aujourd’hui, l’heure est au bilan de son mandat à la tête de l’église.

Un exercice auquel ne se soustrait pas La Repubblica, qui salue le théologien allemand avec un titre qui, de la part d’un quotidien de centre gauche, sonne comme une critique : “Le dernier des conservateurs”.

Et en effet, dans les colonnes du média romain, parmi les intervenants qui prennent la plume pour dresser un bilan du pontificat de Benoît XVI, certains ne se montrent guère élogieux.

À l’image de l’historienne Silvia Ronchey, qui rappelle “le discours tenu le 12 septembre 2006 dans l’université de Ratisbonne, où le souverain pontife avait évoqué une condamnation de l’islam comme une religion intrinsèquement ‘mauvaise et inhumaine’”. Et même s’il s’agissait d’une citation d’un empereur byzantin, et que Ratzinger avait précisé ensuite que ces mots ne reflétaient en rien sa pensée, l’épisode avait déclenché une vaste polémique, dénonce Ronchey.

“C’était notre pape”

Voilà peut-être pourquoi, encore aujourd’hui, certains conservateurs voient en lui un défenseur de l’Occident contre l’islam radical. À l’image du quotidien de droite Il Giornale, qui salue ce lundi le théologien allemand avec un “C’était notre pape” qui suggère un reniement du trop libéral François.

De son côté, néanmoins, La Repubblica, se montre plutôt mesurée dans son verdict sur Benoît XVI, en donnant aussi beaucoup de place à des opinions défendant le pape émérite. C’est le cas de ce papier d’Enzo Bianchi, moine laïque, qui livre un jugement de Ratzinger bien plus conciliant.

“Un pape peu compris”

“Il n’a jamais cherché à se faire applaudir et ne se livrait pas facilement aux médias, qui ont presque toujours été sévères avec lui, écrit-il. C’était sa vocation d’être un pape peu compris, cible d’accusations insensées comme celle d’être rigide et sévère.”

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