Benoît Hamon tire à vue sur Macron et Mélenchon

Le candidat socialiste à l'élection présidentielle, Benoît Hamon, grand perdant d'une campagne qui l'a vu tomber sous 10% d'intentions de vote, tire à vue sur Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon dans une interview publiée lundi par Ouest-France. /Photo prise le 12 avril 2017/REUTERS/Gonzalo Fuentes

PARIS (Reuters) - Le candidat socialiste à l'élection présidentielle, Benoît Hamon, grand perdant d'une campagne qui l'a vu tomber sous 10% d'intentions de vote, tire à vue sur Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon dans une interview publiée lundi par Ouest-France.

Il se dit en désaccord total avec le projet économique et social de l'ancien ministre de l'Economie de François Hollande, qui dispute la première place dans les sondages à la présidente du Front national, Marine Le Pen.

"Et je ne le sens pas prêt à être président", ajoute-t-il. "Il lui manque une colonne vertébrale. Je le crois très influençable et très influencé."

Il dénonce également dans Emmanuel Macron le "meilleur héritier" des politiques qui ont conduit selon lui à l'échec, "disloquent le lien social et préparent l'arrivée du FN".

Il estime par ailleurs que les questions européennes et internationales le séparent "fortement" de Jean-Luc Mélenchon.

"Que veut-il ? Passer d'une Europe allemande à une Europe française. On sait que ça n'arrivera pas. L'Europe tout entière ne s'alignera pas sur les seuls intérêts de la France", déclare Benoît Hamon, venu de l'aile gauche du PS.

"Donc, ce qu'il prépare, c'est la sortie de l'euro et de l'Europe. C'est son point de rupture avec la gauche que je représente. L'abandon de l'idéal européen serait une défaite politique", ajoute-t-il.

Benoît Hamon, large vainqueur de la primaire de la gauche à laquelle avaient refusé de participer Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron, assure qu'il n'a jamais songé à se retirer en faveur du candidat de la France Insoumise.

"À un moment, Jean-Luc Mélenchon disait qu'il ne pouvait pas se retirer pour moi à cause de (l'ex-Premier ministre) Manuel Valls. Quand M. Valls a rallié M. Macron, je l'ai pris au mot en lui disant publiquement qu'il n'avait plus de prétexte pour ne pas me rejoindre. Il a refusé car en réalité il n'a jamais été pour le rassemblement", explique le candidat socialiste.

Il attaque aussi Manuel Valls, qu'il avait battu au second tour de la primaire : "Le plus grave, c'est de trahir le serment fait devant les Français. Dire qu'on veut faire barrage au FN sans respecter le verdict d'une élection, ce qu'ont fait Manuel Valls et d'autres, cela montre le délitement intellectuel, la faillite morale d'une partie des élites de gauche", dit-il.

(Emmanuel Jarry, édité par Tangi Salaün)

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