Benoît Hamon a décollé pour mieux se crasher

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Malgré sa large victoire à la primaire, le candidat PS a vu son électorat s’effriter au fil de la campagne, faute d’avoir su rallier les vallsistes et détourner les voix de Mélenchon.

C’est l’histoire d’une sirène d’alarme visuelle, la première que veut bien entendre Benoît Hamon après six semaines de campagne. Vendredi 10 mars, le candidat du «futur désirable» débarque au Havre. Aux Docks Océane, 2 500 chaises ont été installées. A peine 1 000 sont occupées. Prévenu à la dernière minute, l’ex-ministre de l’Education pique une énorme colère en coulisse. Contre son équipe, contre ces socialistes qui partent chez Macron, contre cette campagne qui lui échappe : «Moi, je fais tout pour que ça marche, et vous, vous faites tout péter.»

Avant Le Havre, il y a pourtant eu cette victoire aussi franche qu’inattendue contre Manuel Valls. Pour la primaire, le député des Yvelines s’est reposé sur un cercle d’amis politiques. Le combat entre deux lignes socialistes, ils savent faire à chaque congrès PS. Mais là, le saut dans le grand bain présidentiel est vertigineux. Rien n’est prêt pour partir à l’assaut de l’Elysée. «C’est une petite bande sympa, mais il faut du lourd pour une présidentielle, analyse début avril le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis. Ils connaissent très bien la gauche militante, mais pas du tout la gauche électorale.» Tout l’inverse de François Hollande en 2012, qui avait conquis la seconde pour mieux, ensuite, enfermer la première dans le vote utile face à Nicolas Sarkozy.

La logistique flotte mais la stratégie est coulée dans l’airain : accord avec les écologistes contre un retrait de leur candidat - une première depuis 1969 - et, côté gauche radicale, siphonnage des voix de Mélenchon. Sur le fond, virage idéologique : VIe République, revenu universel d’existence, «taxe robots», sortie du nucléaire, lutte contre les perturbateurs endocriniens qui donne des boutons aux éléphants PS alors qu’elle parle aux parents. «Benoît a l’image du frondeur (...)

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