Benjamin Roche : "Protéger la biodiversité, c'est diminuer le risque épidémique"

MICHAEL DANTAS / AFP

La principale cause d'une perte en biodiversité vient de la déforestation, explique dans cet entretien Benjamin Roche : le directeur de recherche à l'IRD sera l'un des intervenants de Santé Globale, une journée de conférences organisée le 25 novembre à Strasbourg par Sciences et Avenir - La Recherche.

Benjamin Roche est directeur de recherche à l'Institut de recherche pour le développement (IRD). Egalement l'un des principaux architectes de l'initiative Prezode (Preventing Zoonotic Diseases Emergence), qui vise à prévenir les zoonoses à l'échelle internationale, il sera l'un des intervenants de l'événement "Santé Globale". Cette journée de conférence est organisée à Strasbourg le 25 novembre 2022 par Sciences et Avenir - La Recherche. L'inscription est gratuite, et obligatoire. Elle se fait en ligne, à l'adresse www.lesrencontressanteglobale.fr.

"Un écosystème diversifié en matière d'espèces peut freiner le développement d'une épidémie"

Sciences et Avenir : Est-ce un effet de loupe médiatique ou les épidémies sont réellement de plus en plus nombreuses ?

Benjamin Roche : Oui, on en enregistre quatre fois plus aujourd'hui que dans les années 1970. Et parmi ces maladies émergentes, 75 % sont des zoonoses, c'est-à-dire dues à un agent pathogène - virus, bactérie, ou parasite - qui se transmet de l'animal à l'humain. Le principal facteur explicatif, c'est l'impact des activités humaines sur la nature. Quand un écosystème est diversifié en matière d'espèces, il peut freiner le développement d'une épidémie, puisque toutes les espèces animales ne sont pas capables de transmettre l'ensemble des virus. En perdant de cette biodiversité, les barrières tombent et les agents pathogènes circulent beaucoup plus.

À quoi est due cette perte aujourd'hui ?

La cause principale est la déforestation. En plus de la destruction d'espèces, la diminution des surfaces de forêt renforce la proximité de l'humain et des animaux sauvages, ce qui favorise la propagation des maladies. Celles-ci gagnent très rapidement toutes les régions du monde car la circulation internationale ne laisse plus le temps de les contrôler. On l'a bien vu avec l'épidémie de coronavirus : on est passés d'une dizaine de cas de pneumonie atypique en Chine en décembre 2019 à la quasi-totalité du monde en confinement, tr[...]

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