Benaouda Lebdai – Mohammed Aïssaoui ou le dévoilement des fêlures

Par Benaouda Lebdai*
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Mohammed Aïssaoui vient de publier chez Gallimard « Les Funambules ». 
Mohammed Aïssaoui vient de publier chez Gallimard « Les Funambules ».

Dès les premières pages d'un récit fort et audacieux, la mémoire de l'enfance du narrateur remonte à la surface, indiquant les racines de l'histoire qui suit. Celles-ci se trouvent en Afrique du Nord, en Algérie plus précisément, et le lien que le lecteur établira à la fin du récit est loin d'être anodin. En effet, la nouvelle vie du narrateur adulte ainsi que sa profession sont en quelque sorte liées à cette enfance algérienne. Le narrateur n'est autre que Kateb, celui qui écrit, une référence implicite au romancier Kateb Yacine, qui raconte, tout au long du roman, plusieurs récits qui s'entremêlent : le récit familial, le récit d'un amour nostalgique et le récit de plusieurs personnages en rupture avec la société active, et donc que la vie a abandonné, qui se retrouvent à la marge.

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Qui est Kateb ?

Le personnage de Kateb est concerné par toutes ces expériences humaines qu'il met en mots. Il garde au fond de son c?ur sa petite enfance en Algérie sans père, ce qui révèle sa fêlure, sa sensibilité à fleur de peau dont la cause est l'absence du père qui est pire que la mort. Il est à la recherche de sens et donc, inconsciemment, il va vers les « défigurés » de la vie qu'il veut aider pour que ces derniers laissent une trace de leur passage sur terre.

Kateb exerce le métier de biographe « pour anonymes » ; ainsi, il entre de plain-pied dans les vies des laissés-pour-compte, des pauvres, des sans domicile fixe, le [...] Lire la suite