Avec Bellingcat, Eliot Higgins révèle les crimes de guerre en Ukraine grâce aux réseaux sociaux

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REMKO DE WAAL / ANP / AFP
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Quand ses enfants de 10 et 7 ans l’interrogent sur son travail, Eliot Higgins a bien du mal à entrer dans les détails. Il faut dire que sur son écran d’ordinateur défilent souvent des images très dures, décapitations, attaques au gaz, bombardements – les atrocités de la guerre. “Mon travail touche à des choses terribles”, résume-t-il. Mais il n’a pas à tout cacher à ses enfants. “Mon fils adore s’asseoir avec moi pour ‘jouer à la géolocalisation’. Je choisis une photo d’une ville quelque part (pas dans une zone de guerre), et ensuite il se lance dans des recherches sur Google pour la localiser.”

C’est la déclinaison ludique et familiale d’un principe qui depuis dix ans a non seulement rendu Eliot Higgins célèbre, mais qui a changé à jamais le monde apparent du reportage de guerre et le monde secret de l’espionnage.

Eliot Higgins est en effet le père spirituel de l’Open Source Intelligence (Osint), ces investigations en sources ouvertes qui s’appuient sur des informations et des images disponibles en libre accès sur Internet, le plus souvent postées sur les réseaux sociaux. Surfant sur la déferlante d’informations à l’ère du smartphone, d’abord tout seul sur son blog depuis son canapé à Leicester, puis à partir de 2014 comme fondateur de l’agence d’investigation Bellingcat, il a mis au jour quelques-uns des secrets les plus inavouables de la planète, russes notamment.

Le grelot d’Ésope

L’agence tire son nom d’une fable d’Ésope dans laquelle des souris décident d’attacher un grelot au cou d’un chat [“to bell the cat” pour s’en protéger. C’est Bellingcat qui a identifié l’un des possibles assassins du dissident [ex-agent double] Sergueï Skripal à Salisbury – et ce grâce à une photo librement accessible, prise par un visiteur, du “Mur des héros” de l’Académie militaire de l’Extrême-Orient russe, sur lequel figurait un portrait du suspect.

C’est Bellingcat encore qui, en “jouant à la géolocalisation” à partir de photos prises par smartphone d’un lance-missile Buk utilisé au début du conflit dans le Donbass, en juillet 2014, a contribué à démontrer que les séparatistes russes en Ukraine s’en étaient servis pour abattre le vol MH17 de la Malaysia Airlines – les 298 personnes à bord, passagers et équipage confondus, avaient trouvé la mort.

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