"Plus belle la vie" s'arrête ce vendredi: on a revu le tout premier épisode, diffusé en 2004

Michel Cordes et Sylvie Flepp dans le premier épisode de Plus belle la vie en août 2004. - Capture d'écran - FTV
Michel Cordes et Sylvie Flepp dans le premier épisode de Plus belle la vie en août 2004. - Capture d'écran - FTV

À quelques jours de la diffusion du dernier épisode de Plus belle la vie, qui quitte ce vendredi l'écran après 18 ans d'antenne, nous avons revu le tout premier épisode de cette série qui a marqué profondément le public. De quoi mesurer l'évolution d'un programme débuté comme un simple soap opéra, avant de s'imposer comme un phénomène de société.

Le 30 août 2004, les téléspectateurs de France 3 découvrent le quartier du Mistral et quelques-uns de ses habitants. Il y a la famille Marci, François (Thierry Ragueneau), Blanche (Cécilia Hornus) et leurs enfants adolescents, Lucas (Geoffrey Sauveaux) et Johanna (Dounia Coesens), de retour de vacances au Canada. Ils sont fatigués mais heureux.

Lucas filme ses parents au caméscope - nous sommes en 2004. Ensemble, ils attendent Roland Marci (Michel Cordes), le père de François, qui doit leur rendre leur clés d’appartement. C’est lui qui tient le bar du Mistral. Mais il est en retard, car il se prélasse encore dans les bras de Mirta Torres (Sylvie Flepp), propriétaire de l’hôtel Le Sélect. Leur idylle secrète est passionnée.

On fait également connaissance avec le jeune Rudy, grand séducteur et petit-fils de Mirta. Et puis il y a aussi l’architecte Vincent Chaumette (Serge Dupire), qui charme Céline Frémont, lors de son entretien d’embauche à la mairie de Marseille. L’affaire est presque conclue, reste à convaincre l’adjoint au maire. Vincent a prévu de quitter Paris pour s’installer à Marseille, mais il a omis de prévenir sa fille Ninon (Aurélie Vaneck), 17 ans.

L’autre pilier de la série

Dès le premier épisode, les fondamentaux sont posés. Roland et son bar le Mistral sont au cœur des intrigues. Le personnage est une figure paternelle rassurante et un point de repère pour les protagonistes.

"L’autre pilier de la série, indissociable du personnage de Roland, c’est la place du Mistral, un quartier imaginaire mais typiquement marseillais où tous les personnages se croisent", rappelle le documentaire de France 3 La Plus grande aventure de Plus belle la vie, diffusé ce 18 novembre à 22h50 sur France 3.

Roland décide ainsi de se battre pour aider Rachel Lévy (Colette Renard), figure du quartier menacée d’expulsion par le propriétaire de son appartement, qui veut récupérer les lieux pour y loger son fils récemment divorcé.

C’est aussi au café du Mistral que Vincent Chaumette vient évoquer son inquiétude après la disparition de sa fille, qui a très mal pris le projet de déménagement de son père. Ce premier épisode se conclut sur un (petit) cliffhanger: Ninon, qui a dormi sur la plage, se fait dérober son sac à main.

"Il fallait qu’il y ait du drame"

Certains ingrédients de la série sont déjà là, le décor est planté, les premiers protagonistes s’installent. Mais on est encore bien loin de ce qui va faire le succès du feuilleton. D’ailleurs, au début, le succès n’est pas au rendez-vous. Les critiques sont assassines, les audiences décevantes. “Après seulement quelques semaines de diffusion, le verdict tombe, Plus belle la vie ne convainc pas les téléspectateurs”, rappelle le documentaire La Plus grande aventure de Plus belle la vie.

"On en a pris un peu plein la tronche au début", se souvient Rebecca Hampton dans ce documentaire sur l’histoire de la série.

"Ça ne marchait pas bien parce que les histoires n’étaient pas assez croustillantes”, évoque de son côté Sylvie Flepp. "Il fallait qu’il y ait du drame."

On le voit dans le premier épisode, et dans ceux qui suivent, les rebondissements sont modestes et assez peu palpitants. Au bout de trois mois, les scénaristes décident alors de créer de nouveaux lieux, comme le commissariat, et de donner une tournure un peu policière à la série qui ronronnait.

Le Mistral devient un coupe-gorge

"Les auteurs ajoutent donc à la recette de Plus belle la vie les ingrédients qui manquaient, des méchants cruels." Le Mistral devient alors un véritable coupe-gorge, peuplé de psychopathes.

Serial killers, mafieux et fous font alors leur entrée au casting. Le quotidien des habitants du Mistral devient alors beaucoup moins tranquille. Et les audiences décollent. Le virage pris par la série séduit les téléspectateurs. Les personnages prennent à leur tour de la profondeur, quittent à devenir franchement inquiétant.

"J'ai quand même fait de l'hôpital psychiatrique, de la prison", énumère Rebecca Hampton dans le documentaire de France 3. "Céline (son personnage, NDLR) a quand même essayé de tuer Ninon, je l'ai poursuivie au couteau!"

Le succès permet en effet aux scénaristes d’étoffer les personnages, de les rendre plus complexes. Et d’aborder des sujets de société, en lien avec l’actualité. Homosexualité, identité, harcèlement, handicap, la série traite avec acuité les grands sujets qui font débat... Et s'éloigne pour de bon du soap opéra gentillet du premier épisode.

Article original publié sur BFMTV.com