"Plus Belle la vie": émotion et tristesse dans les coulisses du dernier jour de tournage

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Les derniers épisodes de
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Le clap de fin résonnera ce jeudi à Marseille pour le dernier tournage de Plus belle la vie. Depuis quelques semaines déjà, les membres de cette aventure audiovisuelle quittent chacun à leur tour, avec émotion, une série qui a accompagné des millions de téléspectateurs.

Après dix-huit ans de diffusion et 4.665 épisodes tournés, la dernière prise de Plus belle la vie aura lieu jeudi en fin d'après-midi dans les studios historiques de la Belle-de-Mai, un quartier populaire de Marseille.

Les deux derniers épisodes seront diffusés le 18 novembre sur France 3, qui produit la série avec la société Newen, et seront suivis d'un troisième spécifiquement réalisé pour l'occasion, à une heure de grande écoute.

"Je voulais absolument faire partie de la dernière virgule" de l'aventure, raconte Clément Cescau, membre de l'équipe de post-production, depuis son bureau de montage, au-dessus du grand studio qui accueille l'emblématique bar marseillais du Mistral où se retrouvent les principaux personnages de la série.

Il s'occupe de terminer le montage visuel du dernier épisode diffusé en "prime time".

"Au bout d'un moment, la série se mêle à la vie de chacun", raconte celui qui y a rencontré sa femme, costumière, au cours des douze ans de compagnonnage avec Plus belle la vie.

"Enorme fierté"

"A la fin, ça apporte une énorme fierté, à la fois de ce que la série est devenue, de ce qu'on a fait et de ce que le projet a soulevé" en termes de questions sociétales, affirme Clément Cescau, faisant référence aux personnages homosexuels très tôt représentés ainsi qu'aux différentes discriminations abordées au fil des épisodes. Cette série populaire a réuni certains soirs en 2008 jusqu'à six millions de téléspectateurs.

"J'avais envie de dire au revoir à l'équipe, en tant que réalisatrice", témoigne pour sa part Claire de La Rochefoucauld, 50 ans, retournée exceptionnellement derrière la caméra pour la dernière scène de personnages "historiques", Blanche et François Marci, interprétés par Cécilia Hornus et Thierry Ragueneau.

Celle qui a été réalisatrice d'épisodes pendant quatorze ans a endossé en 2022 le rôle de productrice pour notamment prendre en charge ce moment "difficile" de la fin de la série et "accompagner émotionnellement" les équipes, "sa famille d'ici", explique-t-elle.

"C'est quand même triste"

Chaque jour, les équipes de montage produisaient un épisode de 26 minutes, ce qui leur imposait une cadence très soutenue sans commune mesure avec les rythmes des séries non quotidiennes et du cinéma.

"Il faut passer à autre chose, je le sais, mais c'est quand même triste, c'est une jolie série, une jolie équipe", regrette de son côté Carole Bourrelly, l'une des trois coiffeuses s'occupant chaque jour des acteurs aux côtés des habilleuses et maquilleuses.

Après dix ans à diriger une école de coiffure dans le temple du cinéma Bollywood, en Inde, la Marseillaise de 51 ans a débuté à Plus belle la vie en 2018.

Quand on arrive, c'est comme entrer dans un TGV en marche", explique celle qui coiffe dix à douze personnes par jour dans l'une des salles blanches avec canapés et miroirs où les acteurs patientent avant de rejoindre les tournages.

Apport économique

"C'est une école formidable qui apprend l'efficacité", renchérit Claire de La Rochefoucauld dans l'un des six studios dédiés à la série: "pour diriger un comédien, au lieu de dire quatre phrases, on apprend à dire un mot, parce qu'il faut aller vite".

Près de 600 personnes ont travaillé chaque année pour la série et 3.232 acteurs en tout, auxquels il faut ajouter les figurants, ont participé aux tournages, un apport économique important pour Marseille, ville dont la série "a déjoué un certain nombre d'images négatives", soulignait au printemps le président de l'Office du tourisme Marc Thépot.

Claire de La Rochefoucauld émet le vœu que "cette famille se constitue en réseau" pour continuer de travailler ensemble et "qu'à Marseille, il n'y ait pas de gâchis avec les équipes".

C'est "à [eux de se] renouveler et de préserver les liens dans le temps", estime-t-elle.

Article original publié sur BFMTV.com