Belgique : des oeufs contenant des traces de fipronil en septembre 2016

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Après le fipronil, des traces d'un deuxième insecticide interdit dans les élevages de volailles, l'amitraze, sont aujourd'hui recherchées dans les oeufs français, car il a été utilisé dans "quelques élevages" français de poules pondeuses

Bruxelles (AFP) - Les autorités belges ont découvert un échantillon d'oeufs contenant des traces de fipronil remontant à septembre 2016, a annoncé jeudi le patron de l'Agence de sécurité alimentaire belge devant le Parlement.

L'agence a pu analyser ces derniers jours des "échantillons historiques" d'un fabricant belge de produits d'oeufs, a expliqué son administrateur délégué Herman Diricks.

Sur les 14 échantillons que l'entreprise avait conservés pour le mois de septembre 2016, un échantillon présentait "de légères traces de fipronil", a-t-il ajouté.

Le taux constaté est inférieur à 0,005 mg par kilo d'oeuf, qui correspond selon la réglementation européenne à une présence résiduelle de la substance, précise un document de l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire.

Aucune présence de cet insecticide interdit dans la chaîne alimentaire n'a en revanche été détectée dans les échantillons d'oeufs datant de la période d'octobre à décembre 2016 conservés par le fabricant d'ovoproduits, qui se fournissait auprès d'élevages de plusieurs pays.

Mais cette substance "modérément toxique" quand elle est consommée en grandes quantités, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), semble présente plus fréquemment à partir de janvier de cette année.

"De janvier à mai 2017, nous avons pu retrouver des traces de fipronil dans 10 de 35 échantillons. Tous ces taux se situent en-dessous du seuil" prévu par la réglementation européenne, a expliqué M. Diricks.

Une crise sanitaire a éclaté début août autour de la contamination de dizaines de millions d'oeufs, qui provient de la désinfection d'élevages de poules pondeuses en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne et en France par un produit contenant du fipronil, un antiparasitaire strictement interdit dans la chaîne alimentaire. Elle touche désormais 18 pays d'Europe, mais aussi Hong Kong et le Liban.

Plusieurs entreprises belges ou néerlandaises sont dans le collimateur de la justice pour avoir commercialisé ou appliqué ce produit présenté comme "naturel", le DEGA-16, dans les élevages.

Le ministre belge de l'Agriculture, Denis Ducarme, a pour sa part assuré la Belgique avait réussi à circonscrire le problème.

A l'exception de 21 exploitations encore bloquées, "toute la filière de production d'oeufs en Belgique est désormais testée et garantie sans fipronil", a affirmé le ministre.

"Nous sortons progressivement de la crise du fipronil", a-t-il ajouté.

Des dizaines de millions d'oeufs provenant des poulaillers contaminés ont déjà été détruits en Belgique et aux Pays-Bas, où quelque 150 élevages ont été bloqués. L'industrie alimentaire craignant une pénurie, les prix des oeufs fixés chaque mercredi à la criée en Belgique ont augmenté de 2,5% cette semaine, après une hausse de 6% la semaine dernière.

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