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En Belgique, l'"école du dehors" connecte les enfants avec la nature

Des élèves de sixième et leur professeure (d) participent à un cours sur les mathématiques dans le cadre de "L'école du dehors", le 14 mars 2024 à Vezin, en Belgique (JOHN THYS)
Des élèves de sixième et leur professeure (d) participent à un cours sur les mathématiques dans le cadre de "L'école du dehors", le 14 mars 2024 à Vezin, en Belgique (JOHN THYS)

Accroupis sur l'herbe à la lisière d'un bois, des enfants forment les contours d'un rectangle, d'un pentagone et d'un hexagone avec les brindilles qu'ils viennent de récupérer sous les arbres.

Ce matin-là, pour 25 écoliers du village de Vezin, à Andenne dans le centre de la Belgique, le cours de géométrie a pour cadre un vaste espace vert mis à leur disposition à 10 minutes à pied de leur établissement.

C'est l'heure de l'"Ecole du dehors", une pratique que développe la région francophone de Wallonie depuis la crise du Covid, en s'appuyant sur un réseau d'associations qui forment et accompagnent les enseignants dans ce nouveau type d'apprentissage.

Encadrée par son institutrice, cette classe unique de 5e et 6e primaire --des enfants de 11-12 ans-- est accueillie dans la prairie par un animateur-éducateur envoyé par l'une des associations partenaires.

Ce dernier fait asseoir les élèves en cercle pour les écouter se présenter, prendre "la météo des émotions".

Avant de les libérer, il rappelle quelques règles de base de l'activité au grand air, comme celle de "respecter le vivant" et notamment de ne pas arracher les plantes.

La séquence va durer environ une heure et demie, jusqu'à ce que les élèves, répartis par groupes de quatre, aient fait approuver par leur institutrice leurs constructions géométriques, calculs de fractions ou autres problèmes mathématiques spécialement adaptés à ce cadre inhabituel.

- "On est plus libres" -

Etre dehors "nous permet de travailler les matières différemment", souligne l'enseignante, Julie Hubeaux.

"Et les enfants sont demandeurs, la crise sanitaire les a poussés à être beaucoup devant leur écran et pas assez dehors", poursuit-elle, relevant aussi les difficultés de concentration en classe où "ils doivent rester assis pendant des heures".

Autour de l'institutrice les enfants acquiescent, avec de larges sourires. "On prend l'air, on se défoule", lâche Timéo. "C'est plus amusant d'être à l'extérieur, on est plus libres", renchérit Anaïs.

Du côté des autorités, on confirme que la crise du Covid et sa succession de restrictions sanitaires entre 2020 et 2022 ont été une sorte de catalyseur pour ces pédagogies dites "du dehors", expérimentées depuis deux ans par environ 500 écoles wallonnes, essentiellement maternelles et primaires.

"Au sortir des confinements, on a constaté qu'il manquait des personnes formées à cette pédagogie, malgré la demande très forte des écoles. C'est sur ce maillon spécifique qu'on a travaillé", explique à l'AFP la ministre wallonne de l'Environnement, Céline Tellier.

Sandrine Damsin, directrice de l'école communale de Vezin, fait partie des enthousiastes.

Elle a accueilli à bras ouverts dans son établissement l'association namuroise Empreintes et son discours sur l'importance de la connexion avec la nature "pour le bien-être et l'apaisement", un élément qui est un des marqueurs des pédagogies dites alternatives (Steiner-Waldorf, Montessori).

"Dans la nature, les enfants font travailler tous leurs sens... Toucher, voir, entendre, sentir. Ils sont vraiment plus attentifs, vivent eux-mêmes les apprentissages et vont donc mieux les mémoriser", souligne la directrice.

mad/alm/clc