La Belgique aura-t-elle un nationaliste flamand pour Premier ministre ?

Ne parlons pas trop vite, mais il se pourrait bien que le nom du prochain Premier ministre belge soit connu. Un mois à peine après les législatives, ce qui tient du record dans ce pays compliqué habitué à vivre régulièrement sans gouvernement fédéral.

En deux mots : le paysage politique étant très morcelé, il n’y a jamais de grand gagnant des élections belges. Au lendemain du scrutin, les partis doivent forcément négocier pour former une coalition qui représente une majorité de sièges à la Chambre. Cela peut prendre du temps – jusqu’à près d’un an et demi.

Parmi les fonctions très limitées du roi des Belges, il y a celle de nommer les meneurs de ces négociations. Traditionnellement, un “informateur”, qui fait un premier tour des différents partis, puis un “formateur”, qui œuvre plus concrètement à la composition d’un gouvernement et de son programme. Généralement, le roi pose un choix évident – il nomme le chef du parti arrivé en tête –, sa seule fantaisie consistant, quand les négociations patinent, à recourir à d’autres émissaires, qu’il baptise à sa guise “clarificateur”, “démineur” ou encore “explorateur” – ce qui a le mérite d’inspirer les dessinateurs de presse.

Faux billets

Cette fois, cela n’a pas été nécessaire. Un même homme a été nommé, en un mois, “informateur”, “préformateur” puis, le 10 juillet, “formateur”, ce qui le destine à prendre la tête de l’exécutif. Et quand on connaît son parcours, cela ne manque pas de sel : il s’agit de Bart De Wever, patron de l’Alliance néoflamande (N-VA). Déjouant les pronostics, cette formation nationaliste flamande est demeurée le premier parti de Flandre (et donc du pays, cette région étant la plus peuplée des trois) aux dernières législatives, alors qu’on s’attendait au triomphe de l’extrême droite.

La raison d’être de la N-VA, c’est l’indépendance de la Flandre. Région la plus prospère, elle est mécaniquement plus contributrice aux finances belges que la Wallonie. Pour manifester le refus flamand de continuer à “transférer” de l’argent dans le sud du pays, Bart De Wever et sa N-VA, à peine née, avaient mené cette action “provocatrice” il y a vingt ans, rappelle De Morgen : ils s’étaient rendus de Flandre en Wallonie au volant de douze camions de location remplis de faux billets.

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