"Ils sont tous beaux quand ils sont heureux, il n'y a plus de classe sociale" : une photographe du Nord capte les sourires aux fenêtres des confinés

Monika Bordi-Moncsi parcourt les routes du Nord de la France avec son appareil photo et donne des couleurs au confinement. Munie de son boîtier, elle réalise de magnifiques portraits sur cette période inédite. Depuis leurs fenêtres, derrière une vitre de protection ou sur leur perron, les modèles confinés se prêtent au jeu avec bonheur.Effacer les classes sociales Des visages d'enfants, des couples de personnes âgées, la vie au jour le jour, les photos de Monika racontent une histoire tout à la fois intime et universelle.Pour nous, cette photo c'est le souvenir familial d'une histoire nationale Un participant confinéDevant l'objectif de la photographe, chacun oublie quelques instants le confinement et livre un visage réjoui. "Ces photos sont jolies parce qu'il y a l'humain, ils sont tous beaux quand ils sont heureux, il n'y a plus classe sociale", constate la photographe d'origine hongroise. La vie au jour le jour Parmi les clichés, certains racontent même le miracle de la vie. Comme l'histoire de cette jeune mère de famille que Monika suivait pendant sa grossesse. Tout s'est arrêté avec le confinement, mais le bébé est né et Monika a capté chaque instant de cette nouvelle aventure. On découvre aussi les visages de Guilaine et Gérard, un couple de retraités confinés dans leur maison à la campagne. Après la crise, ils garderont précieusement cette photo pour la montrer à leurs enfants et petits-enfants. Montrer le bonheur, pour combattre l'angoisse, cette démarche permet aussi à la photographe de défier sa propre peur. "Mon mari travaille treize heures par jour sans protection, alors j'avais besoin d'être occupée", confie-t-elle. La collection compte déjà près d'une centaine de photos. Quand les lieux culturels rouvriront, on espère pouvoir les découvrir en vrai et surtout en toute libérté.