Beauvau de la Sécurité: Les policiers craignent d'être instrumentalisés avant 2022

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Ce mardi 14 septembre, Emmanuel Macron s'est exprimé pour annoncer des mesures en conclusion du Beauvau de la Sécurité, grande consultation promise en décembre pour renouer le lien entre police et population (photo prise le 1er septembre à l'occasion de la visite à Marseille du président sur la sécurité). (Photo: Ludovic Marin / Pool / Reuters)
Ce mardi 14 septembre, Emmanuel Macron s'est exprimé pour annoncer des mesures en conclusion du Beauvau de la Sécurité, grande consultation promise en décembre pour renouer le lien entre police et population (photo prise le 1er septembre à l'occasion de la visite à Marseille du président sur la sécurité). (Photo: Ludovic Marin / Pool / Reuters)

BEAUVAU DE LA SÉCURITÉ - Après huit de mois de consultations à travers la France, Emmanuel Macron s’empare du dossier. Ce mardi 14 septembre, le président de la République se déplaçait à Roubaix pour conclure le Beauvau de la Sécurité, ce sommet promis par le chef de l’État dans la foulée de plusieurs polémiques afin de “renouer le lien entre police et population”.

Un déplacement dont des sources à l’Élysée avaient promis qu’il déboucherait sur des “annonces immédiates” et des “changements radicaux” dans le fonctionnement même de l’institution policière. La preuve, le président de la République devait chercher à montrer que les objectifs d’échanges entre le grand public, les policiers de terrain, les élus et les organisations syndicales ont été atteints, conviant des représentants des forces de l’ordre, mais aussi des habitants, des commerçants et des associatifs à l’école de police de Roubaix (Nord).

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Parmi les réussites de son quinquennat en matière de sécurité qu’Emmanuel Macron a voulu mettre en avant, plusieurs points-clés: les recrutements engagés dans la police nationale, les 36 attentats terroristes déjoués depuis 2017 par les services de renseignement, les moyens alloués sur le terrain (rénovation du parc immobilier, remplacement d’une partie des véhicules...) ou encore la création de l’Office anti-stupéfiants (combat chéri par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin).

Pas “les faire-valoir” de la future campagne d’Emmanuel Macron

Du côté des fonctionnaires et des délégués syndicaux interrogés par Le HuffPost ces derniers jours, on se méfie surtout du timing de ces annonces. D’autant -et l’Élysée est contraint de le reconnaître-, que tous les indicateurs sont loin d’être au beau fixe depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron. La montée des violences intrafamiliales et en particulier des violences conjugales, la violence permanente dans certains quartiers, la hausse inquiétante de la délinquance numérique... sont autant de sujets qui inquiètent les fonctionnaires.

Alors que la multiplication des candidats de tous bords en vue de la prochaine présidentielle met forcément la pression sur le chef de l’État, beaucoup, au sein des forces de police, s’inquiètent d’une possible “instrumentalisation”. Une critique de longue date, notamment relayée au début du sommet par le syndicat Alliance qui a plusieurs fois menacé de quitter la table des négociations en l’absence d’avancées concrètes.

“On craint d’être utilisés politiquement, d’être instrumentalisés par le gouvernement”, nous rapportait une source syndicale à quelques heures du discours de clôture d’Emmanuel Macron. Refusant d’être montrés “comme des animaux de cirques à quelques mois de la présidentielle”, cette même source ajoute craindre que les policiers ne soient “que les faire-valoir d’une campagne présidentielle” macroniste qui ne dit pas son nom.

Une personnalité associative au contact quotidien des forces de l’ordre poursuit: “L’idée de ce Beauvau a été de retrouver de la sérénité en vue de 2022, au milieu d’un moment de brouille entre la police et la population” (du fait de l’affaire Michel Zecler, de la mort de Cédric Chouviat, du mouvement “Black Lives Matter” qui essaimait en France, etc.). Elle continue: “Le but désormais est de montrer aux citoyens que l’on a planché sur la question de la police, que le climat est apaisé et de donner l’impression aux policiers que l’on s’intéresse à eux. Mais quels seront les résultats concrets que l’on nous promettait?”

L’Élysée se défend en évoquant “du court terme”

Des attaques contre lesquelles l’Élysée s’est défendu en expliquant ne pas être là “pour faire la police de dans cinquante ans”. En dépit de la proximité du scrutin présidentiel, la présidence évoque un” besoin d’adaptation permanent” aux nouveaux défis sécuritaires (et de citer entre autres le recours à la vidéosurveillance, la création de relais sur le terrain plus nombreux, un effort dans la formation...), d’où cette promesse de prendre des “décisions budgétaires à très court terme”. Sans les chiffrer précisément, une source élyséenne promettait ainsi “des annonces substantielles”.

Du côté de l’Élysée, on promet que l’objectif n’est pas de proposer ce mardi aux policiers de France un programme les concernant en vue de 2022. Car si Gérald Darmanin avait garanti une grande loi de programmation -qui, compte tenu des délais trop courts avant la présidentielle, n’aurait pu être votée qu’en cas de réélection d’Emmanuel Macron-, le palais présidentiel promet que des mesures à beaucoup plus court terme seront faites, en passant par des textes législatifs, du réglementaire et même du catégoriel (c’est-à-dire des évolutions dans le statut des fonctionnaires).

Et l’Élysée l’assurait en sus: Emmanuel Macron est concentré sur la suite de son mandat. “Ce serait fou de se dire qu’il ne reste que quelques mois et donc qu’on ne fait plus rien”, explique la présidence. Et de conclure: ”À ce jour, il ne vous aura pas échappé que le président est président de la République, et qu’il n’est pas candidat. Donc on ne parle absolument pas d’établir un programme et de lister des mesures qui en feraient partie.”

Un engagement mis à mal par les informations relayées par nos confrères de Politico ce mardi, qui assuraient que le pouvoir veut se positionner fermement et asphyxier ses rivaux toujours plus nombreux sur la scène sécuritaire, avec les candidatures à droite et au-delà. Selon la publication, Emmanuel Macron aurait déjà les yeux tournés vers l’après-2022 avec la préparation d’une LOPPSI (Loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure) qui serait présentée au Conseil des ministres en début d’année prochaine afin de pouvoir être votée dès le début du prochain quinquennat en cas de réélection.

Une information confirmée lors de son discours par le président, qui a annoncé une LOPPSI sur tout le champ d’action de la place Beauvau, avec l’objectif de “penser la police et la gendarmerie de 2030”.

À voir également sur le HuffPost: À Marseille, Macron promet des renforts humains et matériels pour la police

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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