Beaubourg exposé à son tour

Libération.fr

En 1977, Roberto Rossellini filmait l’ouverture du centre Pompidou. La Ferme du Buisson, en Seine-et-Marne, montre ses images de visiteurs circonspects et d’autres œuvres inspirées par lui.

Si l’on souhaite revivre les débuts de Beaubourg, poumon culturel hérité de l’ère pompidolienne implanté au cœur de Paris entre les Halles et le Marais, il faut se rendre à… Noisiel, en Seine-et-Marne. La Ferme du Buisson, pour fêter les 40 ans du centre Pompidou, a choisi un prisme original : le film réalisé par le pape du néoréalisme italien, Roberto Rossellini, à l’ouverture du musée. Fin d’une ère et début d’une autre, le Centre Georges-Pompidou (1977) est aussi le dernier film du cinéaste. Rossellini meurt deux mois après sa réalisation, sans avoir pu y apporter tous les réglages souhaités.

Projeté sur grand écran dans l’exposition, ce cinquante-huit minutes commandé par le ministère des Affaires étrangères est augmenté par d’autres films : l’un en raconte l’histoire et la méthode (Rossellini au travail, 1977, par son producteur, Jacques Grandclaude), un autre le replace dans une perspective contemporaine (le Dernier Film, 2017, de Marie Auvity). Ainsi, un kaléidoscope d’images se diffracte depuis le fascinant parallélépipède de tuyaux bleus, verts et rouges : à la Ferme du Buisson, Beaubourg se déploie sous nos yeux comme une rayonnante utopie réaliste. «Maman, ces tuyaux ça sert à quoi ?» demande un petit garçon. «Tais-toi, c’est une sculpture, c’est de l’art moderne», répond sa mère.

Pour filmer Beaubourg, Rossellini applique une méthode d’une apparente simplicité : longs travellings, absence de voix off et bande-son en immersion grâce à des micros cachés. Il filme au plus près des promeneurs, à ce point de rencontre entre le public et les œuvres d’art, ce qui occasionne citations savoureuses et poncifs : «Tu mets une signature et n’importe quel con appréciera», ou «On dirait Mickey Mouse» (Jeff Koons n’y avait pourtant pas encore pris ses aises).

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En 1977, (...)

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