Beach volley : faute de pouvoir porter le bikini, deux Allemandes boycottent un tournoi au Qatar

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Karla Borger et Julia Sude, deux figures allemandes du beach-volley, ont annoncé lundi qu'elles allaient boycotter un tournoi organisé à Doha, au Qatar. En cause : un règlement qui les empêche de porter le bikini, tenue habituelle de ce sport.

Les stars allemandes du beach-volley Karla Borger et Julia Sude, actuellement 16es du classement mondial, ont annoncé lundi 22 février qu'elles boycotteront la Katara Cup, qui doit avoir lieu du 8 au 12 mars prochains au Qatar. Elles dénoncent l'interdiction de porter un bikini sur le terrain. L'entraîneure nationale Helke Claasen ne fera pas non plus le déplacement.

"Nous sommes là pour faire notre travail mais on nous empêche de porter notre tenue de travail", a déclaré Karla Borger dimanche soir sur les ondes de la radio publique allemande Deutschlandfunk. "C'est vraiment le seul pays et le seul tournoi où un gouvernement nous dit comment faire notre travail. Nous critiquons cela."

C'est la première fois que le Qatar doit accueillir un tournoi féminin de la Fédération internationale de volley-ball, après avoir organisé pendant sept ans une compétition masculine, et en 2019 les Jeux mondiaux de plage, où les joueuses étaient autorisées à porter un maillot de bain.

La fédération qatarie nie toute demande

Les joueuses ont été invitées à porter des tee-shirts et de longs pantalons plutôt que les maillots de bain échancrés habituels, une décision motivée selon la Fédération internationale de beach-volley par "le respect de la culture et des traditions du pays hôte".

La fédération qatarie de volley-ball (QVA), organisatrice du tournoi, a assuré dans un communiqué transmis à l'AFP qu'elle n'avait fait aucune demande en ce sens : "Nous voulons dire clairement que nous n'avons en rien précisé ce que les sportives devaient porter lors de cet événement. Nous respectons pleinement le code de conduite édicté par la Fédération internationale et avons montré par le passé lors d'événements organisés au Qatar que les sportives sont libres de porter les mêmes tenues qu'elles portent dans d'autres pays", a-t-elle indiqué. "Nous voulons que toutes les sportives se sentent les bienvenues et à l'aise lors de ce tournoi qui sera historique pour le Qatar."

"Ce n'est pas vrai, c'est dans le règlement du tournoi du 16 février", a répondu mardi Constantin Adam, manager de l'équipe allemande.

Le règlement du tournoi, qui doit se dérouler en mars, est effectivement clair : "Pour les tenues des femmes, afin de respecter la culture et la tradition locales, avec le soutien total des sportives, il est prévu que toutes les équipes féminines participantes utilisent un tee-shirt à manches courtes à porter sous le haut féminin officiel du tournoi et un short jusqu'aux genoux, à l'entraînement et en match", stipule l'article 10 du texte disponible en ligne selon l'AFP.

Pertinence du choix du Qatar

Dans le magazine Spiegel, Karla Borger a insisté sur le fait que si, en temps normal, elle était heureuse de "s'adapter à un pays", la chaleur extrême qui règne au Qatar rend nécessaire le port d'un bikini.

Sa coéquipière, Julia Sude, a fait remarquer que le Qatar avait fait des exceptions pour les athlètes féminines lors des Mondiaux d'athlétisme à Doha en 2019.

Sur Deutschlandfunk, Karla Borger s'est interrogée sur la pertinence de désigner le Qatar comme pays hôte d'une telle compétition : "Nous nous demandons s'il est vraiment nécessaire qu'un tournoi se tienne là-bas."

Le Qatar, qui doit accueillir la Coupe du monde de football 2022, s'est fait une spécialité d'organiser de grands événements sportifs, malgré plusieurs controverses, notamment autour de son manque de tradition du sport de compétition, son climat extrême, ainsi que les conditions de travail des employés sur certains sites sportifs.

Avec AFP