La BCE surveille d'abord le crédit bancaire et les marchés obligataires, explique Lane

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LA BCE SURVEILLE D'ABORD LE CRÉDIT BANCAIRE ET LES MARCHÉS OBLIGATAIRES, EXPLIQUE LANE

FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne étudie avant tout l'évolution du crédit bancaire et celle des marchés obligataires pour mesurer les conditions financières dans la zone euro, a déclaré lundi son économiste en chef, Philip Lane.

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a réaffirmé jeudi dernier l'engagement de l'institution à assurer le maintien de conditions financières "favorables" mais elle n'a pas précisé selon quels facteurs elle jaugeait leur caractère.

"Naturellement, l'accent mis sur les conditions de crédit dans le système bancaire d'un côté et les marchés obligataires de l'autre correspond aux principales méthodes utilisées par les banques centrales en matière de pilotage des conditions financières", a dit Philip Lane.

Les responsables de la BCE doivent débattre du sujet lors de leur réunion de politique monétaire de mars, ce qui pourrait les conduire à faire évoluer la manière dont la banque centrale répartit les achats d'obligations réalisés dans le cadre du programme d'achats d'urgence face à la pandémie, le PEPP.

"La BCE suit de manière habituelle une large gamme d'indicateurs (...) en mettant l'accent sur les conditions que rencontrent les clients qui dépendent du crédit intermédié, ainsi que sur les conditions auxquelles sont confrontés les secteurs qui cherchent à obtenir des financements sur les marchés obligataires", a dit Philip Lane.

Certains dirigeants de la banque centrale critiquent toutefois le poids donné aux écarts de rendement (spreads) sur le marché des emprunts d'Etat, jugeant que cela nuire à la discipline budgétaire, voire conduire la BCE à outrepasser son mandat de maintien de la stabilité des prix.

Philip Lane a par ailleurs dit, comme Christine Lagarde jeudi, que la BCE ne dépenserait pas forcément la totalité de 1.850 milliards d'euros prévus pour le PEPP mais qu'elle se réservait le droit d'augmenter cette enveloppe en cas de besoin.

"Si des conditions de financement favorables peuvent être maintenues avec des flux d'achats d'actifs qui n'épuisent pas l'enveloppe sur l'horizon des achats nets du PEPP, l'enveloppe n'aura pas besoin d'être utilisée en totalité", a-t-il dit.

(Balazs Koranyi, version française Marc Angrand)