La BBC recourt à des “deepfakes” pour protéger l’anonymat de personnes interviewées

Capture d’écran

Le procédé risque de faire débat. Le magazine britannique New Scientist rapporte que la BBC a recouru à une intelligence artificielle pour retoucher certaines scènes de son documentaire Hong Kong’s Fight for Freedom (“Le Combat de Hong Kong pour la liberté”) et ainsi préserver l’anonymat de plusieurs intervenants.

Diffusé sur la chaîne BBC Two en deux volets, les 14 et 21 novembre, ce programme inédit en France recueille les témoignages de quatre jeunes Hongkongais qui ont pris part aux manifestations qui ont secoué l’ex-colonie britannique à partir de 2019, contre la mainmise croissante de la Chine sur le territoire. Ces dernières ont été violemment réprimées par Pékin et nombre d’opposants croupissent aujourd’hui en prison, quand ils n’ont pas fui à l’étranger.

Garder tics et émotions

Pour les auteurs du documentaire, il s’agissait “d’empêcher les autorités de Hong Hong d’essayer d’identifier un intervenant à partir de données biométriques”, rapporte le New Scientist. Ils ont donc recouru à ce que l’on appelle habituellement des “deepfakes”.

De nombreuses techniques existent pour protéger l’anonymat de personnes interviewées à l’écran : on peut les filmer à contre-jour, pixéliser leur visage ou le cacher derrière une barre noire. Mais il a cette fois-ci été décidé, avec l’accord de la BBC, de programmer une intelligence artificielle, alimentée par des vidéos tournées avec des acteurs, pour transformer tout bonnement leur visage.

La production a fait appel à la société américaine Teus Media, spécialisée dans la lutte contre la surveillance biométrique. La forme du crâne, des oreilles, et la structure du visage ont été modifiées, mais l’équipe a veillé à “conserver les tics [des interviewés] et les émotions induites par leurs expressions faciales”, précise le New Scientist.

Du bon usage d’une technologie

Selon Teus Media, il était important que la retouche soit décelable : le spectateur doit pouvoir remarquer que le visage des personnes interrogées a été retouché. Au début de chaque épisode, il est par ailleurs averti du procédé.

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