Bayrou réitère son appel à ne "pas choisir une méthode brutale" pour la réforme des retraites

Le président du MoDem François Bayrou le 21 juin 2022 au palais de l'Elysée à Paris - Ludovic MARIN © 2019 AFP
Le président du MoDem François Bayrou le 21 juin 2022 au palais de l'Elysée à Paris - Ludovic MARIN © 2019 AFP

Le patron du Modem continue de mettre en garde l'exécutif. Après avoir exhorté à éviter tout "passage en force" en matière de réforme des retraites dans une interview au Parisien, François Bayrou a appelé ce dimanche à ne pas "choisir une méthode brutale" pour faire avancer ce dossier.

"Cette réforme est vitale", a-t-il estimé dans le Grand rendez-vous Europe 1/CNews/Les Echos. "Mais si l'on veut qu'elle prenne tout son sens et qu'elle soit acceptée, il faut la conduire selon une méthode que le président a présenté à l'élection présidentielle (...). On va renoncer aux réformes qui tombent d'en haut toutes faites (...) et on va faire murir ces réfomres avec toutes les forces économiques et sociales."

Depuis quelques jours, Emmanuel Macron a redonné un coup d'accélérateur à la réforme des retraites, qui avait été interrompue par le Covid lors du premier quinquennat. L'exécutif a fait savoir qu'elle pourrait intervenir y compris via le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) présenté le 26 septembre en Conseil des ministres et examiné ensuite au Parlement.

"La préparation n'a pas été faite"

Une piste qui braque les oppositions et divise y compris au sein de la majorité, à l'heure où Emmanuel Macron a lancé son "Conseil national de la refondation" qui doit faire la part belle à une concertation approfondie avec les forces politiques, syndicats et associations.

"Le passage en force, c'est le contraire de l'esprit du CNR qui réclame d'examiner les problèmes ensemble", a souligné François Bayrou, nommé à la tête du CNR, dans Le Parisien.

"Il existe en France un grand courant social-réformiste, prêt à avancer sans renier ses positions pour que le pays soit capable de s'organiser comme les temps l'exigent", a-t-il ajouté ce dimanche. "Si l'on choisit une méthode brutale, ce courant va entrer en contradiction, en confrontation, en opposiiton avec les responsables du pays. Est-ce qu'on a besoin de ça?"

"Rien d'infâmant à utiliser le 49.3"

Le patron du Modem assure cependant ne pas être hostile à l'usage de l'article 49.3 de la Constitution, qui permet au gouvernement d'engager sa responsabilité pour faire passer un texte sans vote. "Il n'y a rien d'infâmant à l'utiliser", a assuré François Bayrou. "Ce qui n'est pas normal, c'est d'utiliser le 49.3 sans la prépration nécessaire pour le texte."

Et là, selon lui, "la préparation n'a pas été faite". Car s'il pense que "la société française est prête pour cette réforme", François Bayrou estime que beaucoup de Français "n'ont pas entre les mains les raisons pour lesquelles il va (la) falloir". Il a donc appelé l'exécutif à "prendre le temps de la pédagogie" sur le sujet.

Article original publié sur BFMTV.com