Bayrou défend le maintien d'une production d'électricité nucléaire

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François Bayrou en septembre 2020 à Paris

Le Haut commissaire au plan François Bayrou défend le maintien d'une importante production d'électricité d'origine nucléaire en France, dans une note publiée mercredi.

"Est-il possible d'obtenir au terme considéré de 15 ou 30 ans une production suffisante d'énergie électrique, dans le respect de nos engagements en matière de décarbonation et en cohérence avec la hausse considérable et programmée de la consommation, tout en supprimant tout ou partie de notre parc de production nucléaire?", s'interroge François Bayrou.

"La réponse est assurément non", assure-t-il dans ce document.

La France s'est fixé comme objectif de ramener à 50% la part du nucléaire dans sa production d'électricité d'ici à 2035.

"Considérons que c'est un plancher qu'on n'enfoncera pas à la baisse sans risquer de provoquer une crise du système électrique", écrit le Haut commissaire, cité dans Le Figaro. Il estime que la consommation d'électricité va augmenter à l'avenir et que les seules énergies renouvelables ne pourront pas couvrir cette hausse de la demande.

"Nous ne pouvons pas modifier d'un claquement de doigt la trajectoire du grand paquebot qu'est notre système électrique", ajoute-t-il.

Une importante échéance attend aussi la France: la décision de construire de nouveaux EPR sur le territoire alors que le chantier de celui de Flamanville (Manche) peine à s'achever. L'exécutif a écarté tout arbitrage avant 2023.

"La virulence de certains débats a pu contribuer à repousser des prises de décisions", regrette François Bayrou qui appelle aussi à développer l'éolien en mer.

"Ces décisions doivent être prises dans les deux ans qui viennent", a-t-il précisé mercredi sur LCI, tout en estimant qu'"il faut répondre oui à la décision de construire, de mettre en place, de nouvelles unités de production".

"Est-ce que ça doit être des EPR ou autre chose ? Cette question-là est ouverte", a-t-il ajouté, évoquant la possibilité de construire des unités "plus petites".

Sur l'EPR de Flamanville, il y a "des difficultés parce qu'on a monté le seuil de sécurité, on l'a porté à un point tel que ça coûte extrêmement cher", a encore estimé François Bayrou.

Selon lui, la question du nucléaire civil "sera un des sujets de campagne de la présidentielle".

Un rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) et du gestionnaire du réseau RTE, publié fin janvier, estimait que la France pourrait tirer l'essentiel de son électricité des énergies renouvelables à l'horizon 2050, à condition de remplir une série de conditions techniques strictes et cumulatives.

La ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, opposante au nucléaire de longue date, avait salué un "moment copernicien".

"On peut avoir des espoirs, on peut avoir des rêves...", a réagi M. Bayrou. "C'est normal que la ministre pense que peut-être un jour on arrivera à la totalité" (énergie en provenance à 100% des renouvelables) mais "à l'évidence ce n'est pas possible à court terme", selon lui.

"Sur le sujet 100% renouvelables en 2050, j'invite à lire l'étude des +rêveurs+ de l'AIE et de RTE: il n'y a pas de +barrière technique infranchissable+", lui a répondu Mme Pompili sur Twitter. "C'est un défi, comme toute politique énergétique, mais c'est dans le champ des possibles", a-t-elle jugé.

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