Bayou accusé de violences psychologiques: enquêtes à Paris contre le député et EELV

Le député Julien Bayou à l'Assemblée nationale, le 21 mai 2024 à Paris (STEPHANE DE SAKUTIN)
Le député Julien Bayou à l'Assemblée nationale, le 21 mai 2024 à Paris (STEPHANE DE SAKUTIN)

Deux enquêtes ont été ouvertes à Paris début mars après les plaintes d'Anaïs Leleux contre son ex-conjoint Julien Bayou pour harcèlement moral et abus de faiblesse, et contre le parti qu'il a dirigé, Europe Ecologie-Les Verts (EELV), a appris l'AFP mercredi de source proche du dossier.

Sollicité, le parquet de Paris a confirmé que "les enquêtes ouvertes par (ces) plaintes ont été confiées début mars à la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP)".

Anaïs Leleux, militante féministe et écologiste, avait annoncé début mars porter plainte contre le député de Paris, dénonçant de sa part des pressions pour lui faire croire qu'elle "était folle".

Elle l'accusait aussi d'avoir profité de sa faiblesse pour lui faire signer "pleins de papiers", comme "une convention de séparation" ou "un acte de vente".

D'autres témoignages de femmes évoquant du harcèlement ont été publiés dans la presse.

EELV a alors confié à un cabinet spécialisé une enquête interne sur ces accusations, suite à quoi l'ancien secrétaire national avait claqué la porte d'EELV et du groupe parlementaire début avril, dénonçant un "acharnement déloyal et scandaleux".

Julien Bayou avait déjà dû renoncer à diriger EELV après de premières accusations de son ex-compagne formulées dans un courriel adressé en juillet 2022 à la cellule interne d'EELV sur les violences sexistes et sexuelles (CVSS).

Mais elle n'avait jamais voulu être entendue par la cellule, et aucune plainte n'avait été déposée ni aucune enquête judiciaire ouverte.

"Depuis des mois, la présomption d'innocence de mon client est bafouée, et celui-ci subit un véritable harcèlement (...). L'enquête en cours va lui permettre de présenter tous les éléments prouvant son innocence" a réagi l'avocate de M. Bayou, Me Marie Dosé, sollicitée par l'AFP.

Pour elle, un "accord" sur un bien immobilier "négocié pendant plusieurs mois par des avocats et conclu devant notaire, ne peut être qualifié +d'abus de faiblesse+".

Et d'ajouter: "A fortiori quand la soi-disant victime de +l'abus+ y a habité pendant deux ans sans payer de loyers, se classe parmi les 5% de Français-es aux plus hauts revenus mais trouve +déséquilibré+ d'avoir à payer la moitié de la taxe foncière d'une maison qu'elle habite seule".

Début mars, Mme Leleux avait également déposé une plainte "pour non-assistance à personne en danger", visant "un certain nombre de militants et cadres du parti EELV", qui n'ont "pas réagi".

Elle estimait aussi que le protocole de la CVSS l'avait "mise en danger".

Pour Me Dosé, l'avocate de M. Bayou, cette enquête interne constitue "un appel à la délation envoyé par le parti à des milliers d'adhérents et ex-adhérents, violant allègrement sa présomption d'innocence et sa vie privée".

M. Bayou "rappelle que la précédente enquête (en tout cas présentée comme telle) (ndlr: de 2022) a duré sept mois pour ne déboucher sur rien", selon l'avocate.

Egalement sollicitée par l'AFP, Me My-Kim Yang-Paya, avocate de Mme Leleux, a elle estimé que "c'est bien qu'une suite rapide ait été donnée à ces plaintes" et a précisé que sa cliente avait été entendue "rapidement" par les enquêteurs.

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