Baya, (re)découverte heureuse d’une icône de la peinture algérienne

© Archives nationales d'outre-mer, Aix-en-Provence

D’où vient le génie de cette peintre qui a fasciné dès l’âge de 16 ans le monde de l’art ? Pourquoi Fatma Haddad, dite Baya, née en 1931, a réussi à condenser la culture arabe dans les couleurs et les formes de ses tableaux féériques et flamboyants ? Quel rôle joue l’Algérie dans la méconnaissance de son œuvre ? Une très grande exposition à saluer à l’Institut du monde arabe (IMA) à Paris.

La plus grande rétrospective jamais entreprise sur l’artiste algérienne Baya (1931-1998) est surtout l’œuvre de Claude Lemand. Né au Liban, issu d’une famille modeste, ce fils d’un chauffeur de taxi a quitté son pays après avoir souffert pendant la guerre civile. Ensuite, cet enseignant-chercheur en littérature comparée à Beyrouth a vécu plusieurs vies : professeur à Khartoum, au Caire et en France, fondateur à Paris d’une galerie spécialisée dans les œuvres d’artistes arabes, collectionneur, il a fait en 2018, avec sa femme France, une donation très importante à l’Institut du Monde arabe (IMA) : 1 500 œuvres d’artistes contemporains, dont 600 œuvres d’artistes algériens. Aujourd’hui, il est co-commissaire de l’exposition Baya.

RFI : Pourquoi Baya, née le 12 décembre 1931 à Fort-de-l’Eau (Bordj el Kiffan), près d’Alger, et décédée le 9 novembre 1998 à Blida, est-elle l’artiste algérienne la plus singulière du XXe siècle ?

Elle n’a pas été scolarisée, d’où vient sa conscience artistique ?

Ce n’est pas – comme disait Jean Dubuffet – de l’art brut. Ce n’est pas de l’art naïf. C’est son art à elle, à la fois tellement personnel et universel. Baya est une icône à la fois algérienne et universelle.


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