Les battantes : Françoise Héritier, portrait d’une féministe en avance sur son temps

Née en 1933 dans la Loire, Françoise Héritier n’imaginait pas faire un tel parcours. "Je prévoyais des études ayant des débouchés, comme on le disait dans ma famille, 'modestes' pour une femme, c’est-à-dire qu’il n’était pas question de viser trop haut, et je visais le professorat, ce qui était déjà formidable", racontait l’anthropologue en 2015. Grâce à sa rencontre avec Claude Lévi-Strauss, un célèbre ethnologue qui devient son mentor et l’inspire pour ses travaux en Afrique de l'Ouest, c’est le début pour elle d’une brillante carrière universitaire. Dans les années 50, Françoise Héritier fait figure de précurseur dans le milieu. La jeune génération a pris son relais Ses recherches à travers le monde ont renforcé ses positions féministes, qu’elle a souvent défendu dans les médias. En 2017, quelques semaines avant sa mort, l’affaire Weinstein fait émerger le mouvement Me Too. "Françoise Héritier se réjouissait énormément de voir que les jeunes générations de jeunes filles et de femme étaient si concernées par l’appartenance à leur sexe et par leur désir d’égalité et par leur volonté de revendication", explique la journaliste Laure Adler.