Bassine de Sainte-Soline : enquête ouverte après la violente agression d’un militant dans les Deux-Sèvres

Activists construct an encampment during a protest called by the collective
PASCAL LACHENAUD / AFP Activists construct an encampment during a protest called by the collective "Bassines Non Merci" against the "basins" near the construction site of a new water reserve for agricultural irrigation, in Sainte-Soline, western France, on October 30, 2022. - The Sainte-Soline reserve is the second of 16 replacement reserves, at the heart of a project drawn up by a group of 400 farmers united in the Coop de l'eau, to "reduce summer withdrawals by 70%", in this region which is still experiencing irrigation restrictions after an extraordinary summer drought. Opponents denounce "megabasins" reserved for large cereal farms geared towards export and defend the implementation of other measures to better share and preserve water - agroecology, change of crops, return to grasslands, etc. (Photo by PASCAL LACHENAUD / AFP)

SAINTE-SOLINE - Après la violente agression d’un militant « antibassines » le 18 novembre dernier dans les Deux-Sèvres, une enquête a été ouverte par le ministère public, a annoncé à l’AFP le procureur de Niort, Julien Wattebled.

D’après un communiqué du collectif « Bassines non merci », dont est membre la victime, une plainte a été déposée jeudi auprès de la gendarmerie de Melle. Selon les militants, l’homme a été agressé à son domicile de Périgné par deux hommes qui lui ont infligé des blessures multiples, l’ont insulté et ont tenté de rentrer par effraction dans son domicile.

Il a « été roué de coups sur tout le corps et insulté en des termes qui ne laissent aucune ambiguïté quant aux motivations réelles de ses agresseurs : “Enculé d’écolo de merde”, “On te pisse dessus”, “Il est beau l’antibassine” », écrit le collectif. Hospitalisée, la victime s’est vue délivrer une incapacité totale de travail (ITT) de 15 jours.

« Une limite grave a été franchie »

D’après le communiqué, cet homme est le neveu d’un des porte-parole de « Bassines Non Merci », Julien Le Guet, « menacé lui-même à différentes reprises ».

« Dans un contexte où le gouvernement encourage les tensions par ses déclarations irresponsables sur ceux qui défendent l’eau et son partage, considèrent les militants. Et même si de nombreuses questions demeurent à ce stade quant aux auteurs précis des faits et à leur mobile, il est clair qu’une limite grave a été franchie avec cette agression », appuient-ils encore.

Depuis plusieurs semaines, des centaines de militants s’opposent à la construction de méga bassines à Sainte-Soline dans les Deux-Sèvres. Ils ont depuis été fortement réprimés par le ministère de l’Intérieur, qui refuse qu’une Zone à défendre (ZAD) ne bloque durablement le projet, à l’image de celle de Notre-Dame-des-Landes.

Le ministre Gérald Darmanin a notamment dénoncé « l’écoterrorisme » dont ont fait preuve, à ses yeux une partie des manifestants. Depuis, le chantier a pu reprendre sous haute protection policière.

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