Basket NBA: Georges Niang, un mental de Lion

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Fils de Sidy Niang, athlète sénégalais venu aux États-Unis pour ses études, l'ailier fort des Utah Jazz Georges Niang se fait sa place en NBA, malgré les vents contraires. Désormais l'un des éléments importants de la franchise où évolue le français Rudy Gobert, le « Lion de la Téranga » n'a qu'une hâte : porter le maillot de l'équipe nationale.

Il y a ceux qui attirent le feu des projecteurs, comme le pivot Camerounais Joël Embiid. Il y a ceux qui gagnent des titres NBA, comme Pascal Siakam et Serge Ibaka. Et les travailleurs de l'ombre, peu connus, mais partie intégrante d’un contingent africain qui prend de l'ampleur dans la meilleure ligue de basket-ball du monde. Parmi eux, Georges Niang, qui a 27 ans, arrive enfin à faire son trou après un parcours peu commun.

Georges Niang, taulier de son équipe universitaire

Né à Lawrence, dans le Massachusetts, berceau des mythiques Boston Celtics, Niang sait rapidement qu'il veut faire de sa passion pour le ballon orange son métier. « J'ai vite compris que le basket, c'était toute ma vie. J'ai vite progressé et les meilleurs lycées de l'État ont essayé de me recruter, se souvient le joueur, avant d'ajouter que, malgré mon embonpoint, et mon jeu très "old school", sans trop de dunks, sans trop de gestes spectaculaires, j'arrivais à tirer mon épingle du jeu ». Il devient l'un des meilleurs joueurs de l'État, brille chaque week-end dans des salles de lycées, mais ne se retrouve qu'avec très peu d'offres de bourses universitaires à la fin de sa terminale.

Le jeune Niang est déçu, mais décide de prendre son destin en main. Direction l’université d’État de l’Iowa dont l’équipe de basket-ball est entrainée par l'ancien sniper des Bulls de Chicago Fred Hoiberg. Après une première saison intéressante (12 points de moyenne), l'intérieur passe à la vitesse supérieure, en se délestant de 25 kilos superflus durant l'intersaison. « J'ai décidé de vraiment me prendre en main, et de ne pas me laisser aller à manger trop lourd, comme certains plats sénégalais que je dégustais lorsque j'étais avec mon père, sourit-il avant de souligner que cela a été une véritable prise de conscience, un tournant dans ma vie : je ne voulais plus être blessé ou critiqué car ma condition physique n'était pas optimale ». Pendant le reste de son cursus, Niang dépasse la barre des 20 points de moyenne, et devient lors de son année senior (la quatrième et dernière), le troisième meilleur marqueur de l'histoire des Cyclones, le surnom de son équipe, avec plus de 2 000 points en carrière. Les portes de la NBA s'ouvrent à ce fils d'immigré sénégalais, fin prêt à se faire un nom au niveau supérieur.

Niang, membre à part entière de la « Sénégal connection »

Drafté à la 50ème position en 2016 par les Pacers d'Indiana, l'ailier fort joue peu dans le Midwest, mais continue à se battre. Libéré de son contrat après une seule saison, il rebondit en G-League, la ligue de développement de la NBA, aux Warriors de Santa Cruz, la franchise affiliée aux Golden State Warriors. Il y réalise de belles performances, et tape dans l'œil des Utah Jazz, qui lui offrent un contrat. « Mon père a été d'une importance cruciale, il m'a toujours soutenu. Je pense que son côté "Lion" a eu beaucoup d'impact sur moi durant les moments difficiles, car il me disait de ne jamais rien lâcher », remarque-t-il.

Après quelques mois d'adaptation, il devient un élément important de la rotation, et l'un des joueurs préférés des fans, qui aiment sa simplicité. Il se déplace avec son van Volkswagen, développe sa marque de vêtements écologiques, et parle tout le temps de ses origines sénégalaises.

« Mon attachement au Sénégal fait partie de moi. J'ai eu la chance d'y aller à plusieurs reprises avec mon père, et je me sens très fier de mes origines Sénégalaises, sourit-il, avant d'ajouter avoir des projets à l'avenir pour le pays de naissance de mon père, dans le sport et l'éducation. Mais avant cela, je veux aider l'équipe nationale et porter le maillot de la sélection ».

Appelé par le sélectionneur Boniface N'Dong pour la fenêtre de qualifications pour l'AfroBasket en Novembre dernier, Georges Niang n'avait pas pu se rendre à Kigali car sa franchise ne voulait pas qu'il s'y déplace à cinq jours du début du camp d'entraînement de pré-saison. « Ce n'est que partie remise, et c'est l'un de mes objectifs de jouer en équipe nationale dans un futur proche », souligne celui qui fait partie de la « Sénégal connection », cette fratrie des Sénégalais évoluant ou travaillant en NBA, dont font partie, entre autres, Gorgui Dieng (Memphis Grizzlies), Tacko Fall (Boston Celtics), DeSagana Diop (Houston Rockets), Makhtar N'Diaye (New York Knicks) et Dethy Fall (Denver Nuggets). « On s'entraide, on se parle tout le temps, et c'est un groupe très soudé », souligne Niang, qui n'hésite pas à appeler ce groupe « une famille, car nous sommes des frères, des fils du Sénégal. On veut aider le basket sénégalais, et on va continuer à œuvrer pour faire avancer le basket au pays ». Avec l'AfroBasket 2021 en ligne de mire, toujours dans un coin de sa tête : « je veux remporter des titres en équipe nationale, et cela fait longtemps que le Sénégal n'a pas gagné le championnat d'Afrique, donc ce serait vraiment génial de soulever le trophée au Rwanda l'été prochain ! »