Avec "Un barrage contre l'Atlantique", l'écrivain Frédéric Beigbeder prend le pas sur le publicitaire

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© Sipa

Longtemps Frédéric Beigbeder a été ce ludion qui faisait sautiller de joie les invités dans les talk-shows télévisés et ce publicitaire averti lancé dans une constante campagne de promotion de lui-même, pas dépourvue de séduction. Cela en publiant des livres qui se revendiquaient légers et écrits sur l'air du temps, et valaient toujours mieux que ça : des notations fitzgéraldiennes, un sens poétique de la formule les sauvaient à chaque fois. Puis Beigbeder a mûri, quitté Paris, et l'écrivain en lui a pris le pas sur le publicitaire.

La preuve : dans son dernier livre, il se raconte en train d'écrire dans une cabane face à la mer toujours recommencée, et l'on n'a même pas envie d'ironiser. Car cela se passe à la pointe du cap Ferret, promise à l'engloutissement depuis le début du XXe siècle et qu'une sorte de Robinson millionnaire nommé Benoît Bartherotte s'emploie à sauver, en érigeant à ses frais "un barrage contre l'Atlantique". Car, sans le dire trop fort, Beigbeder voit en ce Sisyphe en caleçon de bain une métaphore universelle qui représente l'homme assailli par le temps et l'humanité aux prises avec une nature qui, à en croire l'auteur, cherche à nous expulser.

Laura Smet chez les humains

Bartherotte, dont Beigbeder parvient à livrer un portrait à la fois affectueux et nuancé, sera le repère de ce livre – il en faut, quand on choisit de se laisser entraîner par sa plume. Le texte commence ainsi par une série de phrases détachées où Beigbeder peut démontrer son art de l...


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