Bardella et Ciotti pour la première fois côte à côte publiquement depuis leur alliance

Bardella et Ciotti pour la première fois côte à côte publiquement depuis leur alliance

C'est leur première apparition publique côte à côte depuis l'annonce de leur alliance : Jordan Bardella du Rassemblement national et Éric Ciotti des Républicains (LR) ont présenté leurs programmes économiques au MEDEF, le premier groupe patronal de France. Principal objectif : apaiser les inquiétudes des employeurs concernant les politiques économiques d'extrême droite.

"Je crois à la liberté économique, j'ose dire que je suis libéral ! (...) Rien ne sera possible si nous ne réduisons pas drastiquement nos dépenses publiques," a déclaré Eric Ciotti, président des Républicains, lors de son intervention.

Les deux hommes ont notamment présenté leurs projets pour abaisser l'âge de la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans et pour réduire les impôts sur la production des entreprises.

"Le gouvernement qui sera formé à l'issue de ces élections législatives héritera d'une situation budgétaire et financière quasiment en faillite" a ajouté Jordan Bardella, président du Rassemblement national.

Pari pas vraiment réussi

Les chefs d'entreprise français ont exprimé leurs inquiétudes quant aux politiques économiques des partis politiques à l'approche des élections législatives anticipées, soulignant les incertitudes concernant les projets de budget du Rassemblement national et l'impact potentiel sur les investissements et la stabilité du marché.

La proposition du RN de revenir sur la réforme des retraites a particulièrement déstabilisé de nombreux chefs d'entreprise.

Un chef d'entreprise a qualifié les projets de budget du RN de "complètement déséquilibrés". Parallèlement, le Nouveau Front populaire, représenté par Boris Vallaud, a appelé à une plus grande solidarité de la part des employeurs.

Édouard Philippe et Bruno Le Maire, membres de l'alliance centriste du président Emmanuel Macron, ont mis l'accent sur une approche favorable aux entreprises et ont mis en garde contre les politiques économiques de leurs adversaires. M. Le Maire a critiqué les propositions du RN, les qualifiant de "folles" et soulignant la nécessité d'une responsabilité fiscale.

En général, ces législatives anticipées sont considérées comme un risque pour de nombreux investisseurs en France en raison de l'instabilité politique et des gains possibles des extrêmes. A Itafran, entreprise spécialisée dans la production de pièces destinées à l'industrie aéronautique, les doutes restent nombreux.

"On ne sait pas ce qui va se passer, tout dépend du gouvernement qu'on aura... Je ne suis ni de gauche ni de droite, mais j'ai un mauvais ce que je ressens pour le moment. Nous verrons," affirme Stéphane Roselli, l'un des employés.

Charles Le Goff, directeur général s'est déclaré prêt à reporter les investissements pour éviter des risques supplémentaires : "nous allions réaliser une acquisition importante pour une croissance externe, que nous n'avons pas annulée, mais que nous allons décaler, afin de ne nous exposer à aucune prise de risque, aussi calculée soit-elle, en ces temps relativement anxieux et encore plus incertains."

Cette incertitude politique s'est également fait sentir dans toute l'Europe : la semaine dernière, les marchés ont souffert de ventes massives en raison des élections anticipées en France.

Les marchés ont fait preuve d'une certaine stabilité après les récentes fluctuations, mais les investisseurs restent méfiants face à un gouvernement dirigé par le RN ou à un blocage législatif potentiel si aucun parti n'obtient la majorité absolue.

Les valeurs sûres françaises se sont légèrement redressées, mais l'écart entre les coûts d'emprunt des obligations françaises et allemandes indique que les investisseurs restent prudents.