Barbie, Hitler… Les confessions de Jacques Vergès

Par Florent Barraco
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Jacques Vergès dans l'émission « Double Jeu ».
Jacques Vergès dans l'émission « Double Jeu ».

« C'est la première fois que je rentre dans un confessionnal. » Habitué à plaider, maître Jacques Vergès l'est moins à se confesser. Pourtant, invité de Thierry Ardisson dans Double Jeu en 1991, le passage est obligé. L'émission se terminait toujours par l'interview confession ? des dizaines sont disponibles sur la chaîne INA ArdiTube.

Très rapidement, l'entretien revient sur sa réputation d'avocat de la terreur, l'homme qui défendait l'indéfendable. Klaus Barbie, qu'il a défendu ? « Un personnage tragique de notre temps. Un officier subalterne d'une armée d'occupation dans un pays qu'il résiste. » Quand Thierry Ardisson lui demande s'il aurait pu défendre Adolf Hitler, la réponse fuse. « S'il était venu me voir et qu'il m'avait dit : Je suis certainement l'homme dans l'histoire du monde qui est l'objet des accusations les plus graves, c'est incontestable. Mon procès est fait d'avance. C'est encore une cause perdue. Mais parmi les millions d'avocats qu'il y a dans le monde, je pense que vous êtes le seul capable de donner à mes actes leur vraie signification, leur vraie dimension. Je ne vous demande pas de m'excuser, je vous demande de donner à ma vie sa véritable dimension. S'il m'avait dit ça, à ce moment-là, j'aurais accepté. » Silence.

L'avocat, décédé en 2013, revient sur la notion de droits de l'homme. « Il y a une certaine morale qui se cache derrière les mots ?humaniste? ou ?droits de l'homme? et qui exprime l'état de la société en Europe à l'heure [...] Lire la suite