Baraka

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Victoire de Macron, succès relatif de Le Pen, chute de Fillon, percée de Mélenchon : quel pays ! Mesurons la rupture en cours. La France, divisée depuis deux siècles entre droite et gauche, choisit un centriste néophyte auteur d’une ébouriffante cavalcade et une candidate d’extrême droite au score inférieur à ses attentes, laissant droite et gauche sur le bord de la route. La France, désabusée à l’égard de sa classe politique, devait voter en traînant les pieds : c’est un sursaut civique qui se produit. Jean-Luc Mélenchon devait jouer les seconds rôles, comme le faisait en général la gauche radicale. Il tutoie les premiers. La France, enfin, rejetait sans appel le quinquennat Hollande : elle place en tête un conseiller puis ministre dudit Hollande, pour une variante un peu plus libérale de la politique jusque-là vouée aux gémonies. Insoumise, décidément, la France !

La droite a perdu une élection imperdable : c’est de sa faute. En maintenant la candidature d’un François Fillon plombé par les affaires, elle s’est suicidée. La gauche est éliminée d’emblée : c’est de sa faute. Elle a joué la division jusqu’au bout et ses électeurs les plus modérés l’ont abandonnée pour Macron. Au terme d’une équipée invraisemblable, qui doit autant à sa baraka d’enfer qu’à son incontestable talent, Emmanuel Macron passe la ligne en tête. Chérubin a fait la nique à tous les barbons… Le second tour opposera donc le social-libéralisme au nationalisme, l’ouverture à la fermeture, l’Europe unie à la France seule. En principe, grâce aux républicains de tous les partis, le jeune premier du scrutin l’emporte sur la vilaine marâtre. Mais le FN réalise le score le plus fort de son histoire à une présidentielle. Et si le combat se change en une confrontation peuple-élites, qui peut augurer à coup sûr du résultat ? Dans un décor neuf, tout est possible. Autrement dit, vigilance.



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