Banyuls, une vie après papy !

Par Olivier Bompas
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Philippe Gard, Coume Del Mas à Banyuls.
Philippe Gard, Coume Del Mas à Banyuls.

Le vignoble de la Côte Vermeille doit sa réputation et sa gloire d'antan au banyuls. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale et durant les Trente Glorieuse, il fit les grandes heures de Collioure, Port-Vendres, Banyuls-sur-Mer et Cerbère, communes qui forment le vignoble le plus méridional de France. Les apéritifs sucrés sont à la mode et le vignoble du Roussillon devient le fournisseur officiel de la matière première nécessaire à leur élaboration : les vins doux naturels. Des vins mutés à l'alcool en cours de fermentation, de fort degré et qui conservent une partie des sucres non fermentés issus du raisin. Des marques, comme Dubonnet ou Byrrh, passent des contrats exclusifs avec les caves et achètent, d'une année sur l'autre, l'intégralité de la production. Mais à partir des années 1970, les nouvelles générations se détournent de ces vins riches en sucre et en alcool dont la consommation décline. Les vignerons n'ont d'autre solution que d'amorcer la conversion d'une grande partie de leur production en vins rouges secs, donnant naissance à l'appellation collioure.

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Les banyuls entament alors une longue traversée du désert, n'intéressant plus qu'une clientèle vieillissante et se cantonnent peu à peu à des marchés de niche, comme les sommeliers, certains cavistes et autres amateurs éclairés qui savent apprécier, pour le meilleur de la production, ces vins typés, capables de vieillir et de se bonifier [...] Lire la suite