"Nos banques présentent encore un vrai risque systémique"

La France compte quatre très grandes banques dites «systémiques». Pas forcément une bonne nouvelle, selon notre experte, Jézabel Couppey-Soubeyran, maître de conférences à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Plus de dix ans après la faillite de Lehman Brothers, on identifie mieux les banques systémiques, c’est-à-dire celles dont la chute pourrait entraîner à peu près le même cataclysme. Combien sont-elles ? Vingt-neuf, selon la liste publiée en novembre 2018 par le Financial Stability Board (FSB), soit autant qu’en 2011, quand la première liste avait été rendue publique. Huit de ces banques sont américaines, huit autres font partie de la zone euro, dont quatre françaises, quatre sont chinoises, trois britanniques, trois japonaises, deux suisses, une canadienne.

On notera que les institutions internationales telles que le FSB, le FMI ou encore la Banque des règlements internationaux (BRI) attirent à juste titre l’attention sur la dangerosité de ces établissements, les comparant à de véritables réacteurs nucléaires. Tout l’inverse des gouvernants des pays d’origine de ces banques, qui ont, eux, plutôt tendance à s’enorgueillir de leur puissance et à y voir des porte-drapeaux. Ils ne cessent d’ailleurs de les encourager à grossir. La France n’est pas en reste : avec BNP Paribas, la BPCE, le Crédit agricole et la Société générale, elle est vice-championne du monde des banques systémiques!

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Si l’une de celles-ci venait à connaître de grandes difficultés, la laisserait-on tomber? Sans doute pas. C’est le fameux principe «too big to fail» que les réformes bancaires étaient censées enterrer. C’est bien d’ailleurs pourquoi les établissements bancaires ne sont pas du tout mécontents de figurer sur cette liste. Certes, il en coûte une petite surcharge en exigence de fonds propres. Mais appartenir à cette catégorie réduit le prix dela dette de marché : dix ans après la crise financière, les investisseurs considèrent toujours ladette bancaire comme une dette «garantie» par les pouvoirs publics.

Vaudrait-il mieux alors renoncer à cette liste? Ce serait un peu comme s’en prendre au thermomètre quand le malade

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