La Banque populaire de Chine maintient la pression sur Ant Group

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LA BANQUE POPULAIRE DE CHINE MAINTIENT LA PRESSION SUR ANT GROUP

PEKIN (Reuters) - La Banque populaire de Chine a annoncé dimanche qu'elle avait demandé au géant des paiements Ant Group de remanier ses activités de crédit, un nouveau coup dur pour son fondateur milliardaire et premier actionnaire, Jack Ma.

L'annonce intervient moins d'une semaine après l'ouverture par les autorités chinoises d'une enquête contre la maison-mère Alibaba pour des pratiques monopolistiques présumées et près de deux mois après la suspension de l'introduction en Bourse d'Ant Group à Shanghai et à Hong Kong.

Les autorités chinoises de régulation et les responsables du Parti communiste ont entrepris de limiter l'empire financier tentaculaire de Jack Ma, qui a publiquement critiqué la réglementation chinoise, qualifiée de frein à l'innovation.

Le banque centrale a demandé à Ant Group de remédier aux violations de la réglementation financière, y compris dans ses activités de crédit, d'assurance et de gestion de patrimoine, et de remanier ses activités de notation de crédit pour protéger les données personnelles des utilisateurs, a déclaré dimanche le vice-gouverneur de la BPC, Pan Gongsheng.

La Banque populaire de Chine ne va pas jusqu'à demander la dissolution d'Ant mais une restructuration opérationnelle majeure de l'entreprise avec la création d'une holding garantissant une conformité à la réglementation.

Ant Group devra également obtenir une licence pour son activité de crédit personnel, être plus transparente sur les transactions de paiement sur sa plate-forme par des tiers et ne pas se livrer à une concurrence déloyale, a ajouté Pan Gongsheng.

Ant Group a déclaré qu'il formerait un groupe de travail "de rectification" et mettrait pleinement en oeuvre les exigences réglementaires.

Le gouvernement chinois a conseillé à Jack Ma de rester dans le pays, a rapporté l'agence Bloomberg News.

Pan Gongsheng a déclaré que les représentants de l'homme d'affaires ont rencontré samedi des responsables de la BPC et d'autres autorités chinoises de régulation du secteur bancaire, des valeurs mobilières et des changes, qui ont souligné notamment la mauvaise gouvernance de l'entreprise, son mépris des exigences réglementaires, sa concurrence déloyale et le préjudice causé aux consommateurs.

La Chine a publié le mois dernier un projet de loi visant à empêcher les comportements monopolistiques des groupes technologiques, la première mesure antitrust d'envergure engagée par Pékin contre les entreprises du secteur.

En Bourse, l'action Alibaba a perdu 8% à Hong Kong pour atteindre un plus bas niveau depuis juin et Tencent a cédé 6,65%.

"Les nouvelles réglementations nuisent aux grandes plates-formes internet, c'est pourquoi Tencent et d'autres entreprises technologiques voient également le prix de leurs actions baisser. Alibaba est maintenant une cible donc la réaction est plus forte", a commenté Li Chengdong, un analyste spécialisé dans le secteur technologique basé à Pékin.

(Stella Qiu, Cheng Leng, Yilei Sun, Echo Wang et Ryan Woo et Julie Zhu; version française Laetitia Volga, édité par Henri-Pierre André)