Banque mondiale: la crédibilité du classement «Doing Business» remise en question

·2 min de lecture

Le classement « Doing Business » de la Banque mondiale, un des plus scrutés par les investisseurs, jauge chaque année la compétitivité et l'attractivité de 190 pays. Mais sa crédibilité est remise en question. D'après une enquête interne qui a rendu ses conclusions cette semaine, il ressort que les données de plusieurs pays ont été manipulées pour en favoriser certains comme la Chine, l'Arabie saoudite et l'Azerbaïdjan, notamment en 2017 et 2019. La Banque mondiale promet de faire le ménage pour sauver la crédibilité de son classement.

« Fiscalité », « accès au crédit », « facilité pour créer une entreprise », la Banque mondiale passe au crible une quarantaine d'indicateurs pour établir son classement annuel des pays où il fait bon faire des affaires. Autant dire que ses conclusions sont attendues, guettées.

Pressions

On sait désormais que des pressions ont été exercés en interne pour favoriser certains États. C'est la direction du groupe qui, alertée, a mené son enquête. Sur un quinzaine d'agents interrogés, neuf racontent avoir subi des pressions directes ou indirectes pour modifier leurs conclusions, tous quasiment y ont cédé. Exemple, dans le rapport de 2017, la Chine aurait dû chuter de sept places mais elle a été maintenue au 78e rang. Le rapport ne mentionne pas qui exactement aurait exerçé les pressions mais à chaque fois, les interventions se faisaient hors de la procédure régulière. Ce que la Banque mondiale voudrait rendre impossible désormais.

Doutes

Il en va désormais de la crédibilité d'un classement qui n'en est pas à sa première mise en cause. Il y a deux ans, un économiste de la Banque, Paul Romer, avait émis des doutes sur les motivations politiques de certains responsables de l'institution lorsque le Chili, qui venait de faire élire la socialiste Michèle Bachelet était ensuite descendu dans le classement « Doing Business ». Le banquier avait pourtant été contraint de démissionner après ses propos.

Le site de la Banque mondiale