La Banque du Liban accepte de «coopérer» avec l’audit de la communauté internationale

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La Banque du Liban a affirmé vendredi 12 février vouloir « coopérer positivement » avec le cabinet de conseil Alvarez & Marsal qui devrait réaliser l'audit juricomptable de la banque centrale, après une première tentative infructueuse. Cette expertise est exigée par la communauté internationale pour débloquer de l’aide et tenter de sauver le pays de la pire crise économique de son histoire.

Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

C’est avec plus d’un mois de retard que la Banque du Liban a finalement répondu positivement à la demande de coopération présentée par Alvarez & Marsal, vendredi 12 février.

Le cabinet international, mandaté par le gouvernement libanais pour procéder à un audit juricomptable de la banque centrale, avait jeté l’éponge en novembre. La cause : le manque de transparence de la Banque du Liban, qui ne lui avait fourni que 40 % des documents réclamés, se barricadant derrière la loi sur le secret bancaire en vigueur depuis les années 1950.

L’audit juricomptable de la banque centrale et des institutions publiques est pourtant exigé par la communauté internationale pour débloquer une aide au Liban, frappé par la pire crise économique et financière de son histoire : la livre a perdu 80 % de sa valeur, les banques manquent de liquidités, les caisses de l’État sont vides, les prix se sont envolés et le chômage a explosé.

Face aux pressions internes et internationales, le Parlement a adopté fin décembre une loi levant le secret bancaire sur les comptes de la Banque du Liban et des institutions publiques, permettant au gouvernement de reprendre contact avec Alvarez et Marsal.

Une partie de la classe politique s’oppose à l’audit juricomptable. Cela de crainte qu’il ne dévoile les mécanismes de corruption et la dilapidation au fil des ans de dizaines de milliards de dollars.

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