La Banque d’Angleterre s’excuse pour la traite des esclaves

Au Royaume-Uni, la Banque d'Angleterre présente ses excuses pour la participation d’au moins 25 anciens gouverneurs et directeurs à la traite des esclaves aux XVIIe et XVIIIe siècles. C’est une base de données compilée par l’UCL, l’University College London qui met en lumière leur implication dans cette sombre période de l’histoire.

« Il ne fait aucun doute que la traite des esclaves des XVIIIe et XIXe siècles est une partie inacceptable de l'histoire anglaise ». C’est ce qu’a déclaré le porte-parole de la Banque d’Angleterre. Si la banque, ajoute-t-il, « n’était pas impliquée directement dans la traite d’esclaves, elle est au courant de certains liens inexcusables qui impliquent d’anciens gouverneurs et directeurs et s'excuse pour eux ».

La Banque centrale du Royaume-Uni a aussi promis de faire disparaitre de son siège à Londres toutes les statues et les peintures qui représentent la traite des Noirs. Elle s’est aussi engagée à favoriser désormais la diversité et l’inclusion au sein de l’Institution.

Ce mea culpa intervient alors que de nombreuses entreprises dans le monde ont été invitées à examiner leurs liens historiques avec l’esclavage. Une prise de conscience suscitée par les récentes manifestations de Black Lives Matter contre le racisme. À Bristol, les militants ont détruit une statue d’Edward Colston, un marchand d’esclaves anglais. Et le College d’Oxford a décidé de déboulonner la statue du colon Cecil Rhodes.

Par ailleurs, selon, les données de l’University College London, une centaine d’ecclésiastiques de l'Église d'Angleterre étaient impliqués dans la traite d’esclaves.

La traite des esclaves a été abolie en 1807 dans l'Empire britannique, mais être propriétaire d’esclaves n’a été interdit qu’en 1833, soit vingt-six ans plus tard.

Le gouvernement britannique avait alors versé 20 millions de livres sterling (22 millions d’euros) de compensation aux anciens propriétaires d'esclaves, une énorme somme d'argent empruntée à l'époque qui n'a été remboursée qu'en 2015, lit-on dans le quotidien britannique The Guardian.

Parmi les plus importants d’entre eux figurait John Reid, gouverneur de la banque de 1839 à 1841, qui a partagé alors une indemnité de plus de 63 000 livres, l’équivalent de plus de 6 millions de livres sterling aujourd’hui (6,6 millions d’euros) pour avoir renoncé à la propriété de plus de 3 100 personnes.