Banlieue : les quartiers attendent plus du gouvernement

Par Mélanie Volland

Le ministre de la Ville et du Logement, Julien Denormandie, organise jeudi 13 juin une journée de réflexion autour de la « réussite républicaine ». 

Les annonces qui ont suivi le grand débat national ont déçu les quartiers, bercés d'espoirs lors de l'arrivée des élus de la « génération Macron ».


Le dialogue est rompu. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé. Au mois de février 2019, de nombreux acteurs associatifs se mobilisent dans les quartiers, en banlieue parisienne comme à Marseille, pour organiser de grands débats. L'objectif : que tous puissent participer, sans que personne ne se voie confisquer cette grande consultation nationale. Dans les Hauts-de-Seine, le collectif Banlieues Respect parvient à inviter deux ministres, Julien Denormandie et Adrien Taquet, à Asnières-sur-Seine. Quelques semaines plus tard, en avril, les annonces présidentielles tombent comme un couperet. Non seulement elles ne répondent pas aux attentes, mais Emmanuel Macron évoque « l'islam politique » dans son discours. Comme une goutte d'eau faisant déborder le vase. « Qu'est-ce qu'il entend par là ? Personne n'a compris. Nous avions surtout des revendications en termes d'emploi et de formation, et on se retrouve avec ce terme, qui a choqué », déplore Hassan Ben M'Barek, à l'initiative du collectif Banlieues Respect, en région parisienne.

Dans les quartiers, c'est la douche froide. Plusieurs associations qui regardaient d'un œil attentif ce que le jeune président était prêt à faire rejettent désormais le mouvement en bloc. « Finalement, En marche ! est comme les vieux partis. Rien ne change. Je dirais même qu'ils sont frileux quand il s'agit de travailler avec des gens des quartiers », regrette un responsable associatif des Hauts-de-Seine. Dans un précédent discours dédié à la politique de la ville, à Tourcoing en novembre 2017, Emmanuel Macron indiquait pourtant : « Ça n'est pas une politique spécifique avec des outils que je suis venu vous présenter aujourd'hui [...], parce que je ne vous parle pas comme à des citoyens de seconde zone, à qui il faudrait (...)

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