«Bangkok Nites», passes et impasses

Libération.fr
Dans la capitale thaïlandaise, les prostituées de la rue Thaniya sont habituées aux clients japonais.

Installé dans la capitale thaïlandaise, le cinéaste japonais Katsuya Tomita se penche avec empathie sur le sort des prostituées.

«La Thaïlande se corrompt, comme jadis Rome à son apogée. Elle se perd, son peuple se meurt. Les flammes, telles des vagues, engloutissent Rome la débauchée…», le «pays d’or» est «pourri», répète un personnage nocturne aux allures d’intello rasta vieillissant croisé sur les chemins sinueux de Bangkok Nites dans une partie où justement, le film s’est évadé de l’épuisante insomnie de la mégapole du plaisir tarifé pour déambuler à Nong Khai, ville frontalière du Laos par delà les eaux brunes du Mékong. Découvert en 2011 avec Saudade, qu’il avait tourné dans sa ville natale, Kofu, le cinéaste japonais Katsuya Tomita a mis près de cinq ans pour parvenir à tourner ce nouveau long métrage en immersion dans les quartiers chauds de la capitale thaïlandaise, en particulier le Patpong nippon de la rue Thaniya où s’empilent près de 200 bars et club d’hôtesses à destination des expatriés et touristes nippons qui aiment à se dévergonder dans ces bordels où le prix d’une fille pour la nuit est excessivement bas, même pour un salaryman frappé par la crise économique. Tourner dans les lieux mêmes de la rue et au milieu des prostituées sous étroite surveillance des gérants et maquereaux du cru n’a d’évidence pas été simple mais, installé sur place et fort d’une douceur persuasive à infusion lente, Katsuya Tomita est parvenu à ses fins, donnant le premier rôle de Luck à une hôtesse, Subenja Pongkorn, et se chargeant lui-même de jouer celui d’un ex-client, Ozawa, qui en tombe amoureux au cours de retrouvailles apaisées.

Franc-parler. Luck est pauvre et évolue chaque jour au milieu d’hommes d’affaires qui peuvent s’offrir son corps, le couvrir de cadeaux, lui faisant miroiter un avenir meilleur en la sollicitant pour des fiançailles ou l’achat d’un restaurant sur les bords de la Chao Praya… Sa beauté, son insolence, son franc-parler lui ont valu de devenir la (...)

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