Les Ballets de Monte-Carlo rejouent une version moderne de Coppélia devant le public

Les 450 spectateurs présents ce 16 avril à l’Ilôt de culture de Monaco sont des privilégiés. Ils ont pu assister à une représentation donnée par les Ballets de Monte-Carlo. Ces deux amies venues de Menton (Alpes-Maritimes) en sont conscientes. Elles ne voulaient pas manquer cette occasion exceptionnelle. "Ça nous change les idées et on retrouve l’accès à la culture qui nous manque tant et qu’on n’a plus en France", explique l’une d’entre elles. Elles font donc partie des 450 chanceux à avoir suivi la performance des 50 danseurs, interprétant Coppél-iA. Une version à l'heure de l'intelligence artificielle Il s'agit d'une version moderne du célèbre ballet du XIXe siècle composé par Arthur Saint-Léon. Cette mise en scène de Jean-Christophe Maillot se projette dans un futur proche et plonge dans l’univers de l’intelligence artificielle. Comme dans la version d'origine, l’amour entre Swanhilda et Frantz est troublé lorsque ce dernier s’éprend d’un être artificiel. Mais le jeune homme tombe cette fois sous le charme d’un automate, et non d’une poupée vivante.1h42 de spectacle et de plaisir non-dissimulé pour les 50 danseurs, confinés à Monaco faute de représentations à l’étranger. "On est heureux d’être à nouveau sur scène et ça nous fait plaisir. Même s’il n’y avait que quelques personnes dans le public, on aurait déjà été heureux de pouvoir danser et de retrouver notre public", confie Lou Beyne, danseuse aux Ballets de Monte-Carlo. Des règles à respecter pour le public et les artistes La salle n’était remplie qu’à un tiers de ses capacités ce 16 avril. Les spectateurs ont dû respecter certaines règles. Ainsi, un siège sur deux devait être occupé. Même les couples ne pouvaient s’assoir côte à côte. Quant aux artistes, ils sont soumis à un test PCR une fois par semaine pour pouvoir se produire. "Il y a quelque chose de magnifique et un peu angoissant à la fois. On a le sentiment d’une dimension tragique autour de nous. Les annonces qui précisent aux gens qu’il faut sortir les uns après les autres, ce qui fait que ça meurtrit un peu le plaisir naturel que l’on peut avoir de venir au spectacle", confie le chorégraphe et directeur des Ballets de Monte-Carlo, Jean-Christophe Maillot. Mais une fois ces contraintes passées, la magie a opéré. Dans la salle, la pandémie semblait presque oubliée devant la grâce des danseurs. Un moment magique comme suspendu dans le temps.