"Balance ton bar" : la procureure de Paris annonce l'ouverture d'une enquête après le dépôt de 9 plaintes

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En poste depuis le 8 septembre, Laure Beccuau a souligné que si les plaintes se multipliaient, la police judiciaire pourrait alors se saisir de l'enquête en cours.

Tout commence avec un hashtag. Ces dernières semaines, via #Balancetonbar, de nombreux témoignages de femmes droguées à leur insu au GHB dans des bars sont apparus sur les réseaux sociaux. Parti de Bruxelles, ce mouvement s'est répandu sur le reste de l'Europe, jusqu'à Paris, où plusieurs victimes affirment avoir été droguées selon le même procédé, en particulier dans le quartier Pigalle.

Au total selon le collectif Héroïnes 95, ce sont 21 femmes qui seraient concernées. Pour faire réagir les gérants des établissements de nuit, le collectif a appelé le week-end dernier au boycott des bars. 

Neuf plaintes 

Les témoignages ne vont pas rester lettre morte. Ce mercredi, invitée sur l'antenne de RTL, la nouvelle procureure de Paris en remplacement de Rémy Heitz, Laure Beccuau, a assuré que plusieurs plaintes avaient été déposées et qu'une enquête était en cours. 

"Un certain nombre de plaintes ont été reçues au parquet. Nous avons à l'heure actuelle neuf plaintes. Nous avons démarré ces enquêtes depuis le 8 novembre, donc c'est vraiment tout récent", assure-t-elle.

Selon la magistrate, première femme à occuper ce prestigieux poste, les investigations doivent dans un premier temps comprendre la manière avec laquelle les victimes ont été droguées. 

"Ce que nous sommes en train d'accomplir, ce sont toutes les analyses toxicologiques des plaignantes afin de savoir si elles ont été bien victimes de ce que l'on appelle l'administration de substances de façon non consentie. Ce qui fait que les auteurs peuvent encourir des peines tout à fait importantes", ajoute-t-elle. 

Prévention

Laure Beccuau en a profité pour faire de la prévention. "Moi, je voudrais profiter de votre question pour vraiment faire de la prévention. Dire aussi à ces jeunes femmes qui fréquentent ces établissements festifs, les bars. Méfiez-vous de ces substances qu'on peut introduire à votre insu dans vos verres", prévient-elle.  

A l'heure actuelle, l'enquête est confiée "aux commissariats de police compétents", a ajouté la procureure, une situation qui pourrait rapidement évoluer. "Il n'est pas exclu que les services de police judiciaire, si le phénomène se développe, soient saisis rapidement", a-t-elle conclu. 

"Ca laisse des traces" 

Auprès de BFMTV début novembre, l'amie d'une victime de ce qui est également appelé "la drogue du violeur" avait témoigné des effets de cette dernière. "Elle a eu des grosses bouffées de chaleur. Elle a ressenti une envie de vomir instantanée, alors elle a traversé en courant. Elle est revenue cinq minutes après, elle n'arrivait plus à se tenir sur ses jambes, jusqu'à s'écrouler par terre. Elle a perdu connaissance", avait-elle raconté.

"Moralement, ça laisse des traces. Sortir dans des lieux publics où on ne connaît pas tout le monde, c'est difficile. Mais aussi quand elle est chez elle, au niveau des angoisses, du sommeil", avait-elle ajouté.

Article original publié sur BFMTV.com

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