Non, le bac 2021 ne se jouera pas (uniquement) au contrôle continu

Céline Hussonnois-Alaya
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Un lycéen pendant une épreuve du baccalauréat en juin 2017 (photo d'illustration) - MARTIN BUREAU
Un lycéen pendant une épreuve du baccalauréat en juin 2017 (photo d'illustration) - MARTIN BUREAU

Les lycéens décrocheront-ils leur bac au contrôle continu, comme l'année dernière? Alors que certains élèves de terminale - qui ont déjà passé leur bac de français en contrôle continu en classe de première - imaginent peut-être qu'ils vont échapper à la redoutée dissertation de philosophie, c'est aller un peu vite en besogne.

Langues, histoire-géographie et sciences

Du fait du contexte sanitaire difficile lié à la deuxième vague de Covid-19, le ministre de l'Éducation nationale a en effet annoncé jeudi soir que les épreuves finales du bac 2021 seraient annulées au profit du contrôle continu. Cela concerne les deux langues, l'histoire-géographie, l'enseignement scientifique pour la filière générale ou les mathématiques pour la filière technologique, ainsi que la spécialité abandonnée en fin de première.

Mais avec la réforme du bac qui entre en vigueur cette année pour les élèves de terminale - les élèves de première l'ont déjà expérimentée l'année dernière - en réalité, il n'y avait déjà plus d'épreuves classiques pour les deux langues, l'histoire-géographie et l'enseignement scientifique au mois de juin telles que les générations précédentes de bacheliers les ont connues.

Alors que chacune d'entre elle devait faire l'objet de trois évaluations communes entre les années de première et de terminale (seulement deux pour l'enseignement scientifique ou les mathématiques et une seule pour l'enseignement de spécialité non poursuivi) - des évaluations qui étaient appelées l'année dernière E3C - ces dernières sont donc annulées et remplacées par les notes des bulletins scolaires. Cela signifie donc que ces matières seront évaluées tout au long de l'anné. C'est ce qu'on appelle le contrôle continu.

"Ça simplifie les choses"

Or, une part de contrôle continu était déjà prévue par la réforme du bac. Dans la note finale, 60% sont ainsi réservés aux épreuves terminales, 40% au contrôle continu. Et ce dernier, au lieu de reposer à 30% sur les évaluations communes - organisées dans un cadre moins formel, à mi-chemin entre le devoir sur table et l'examen - reposera uniquement sur les notes du bulletin. Une première salve d'E3C s'est tenue l'année dernière pour les élèves de première juste avant le confinement. Il n'y en aura donc pas d'autre en 2020-2021.

"Ces épreuves n'étaient pas claires et on était déjà sur quelque chose d'hybride entre le contrôle continu et l'épreuve classique, pointe pour BFMTV.com Alexis Torchet, secrétaire national du Sgen-CFDT. Les sujets seront toujours tirés de la banque nationale mais là, au moins, ça simplifie les choses."

En ce qui concerne les épreuves finales pour les deux enseignements de spécialité poursuivis en terminale, prévues en mars prochain, elles sont quant à elles maintenues, bien que leurs modalités soient adaptées. En clair: "toutes les disciplines concernées proposeront deux sujets ou des exercices au choix afin de couvrir l'ensemble des thématiques étudiées". Une bonne chose, estime Alexis Torchet, du Sgen-CFDT.

"C'est la garantie qu'un élève ne tombera pas sur un sujet qu'il n'aurait pas abordé en classe du fait du contexte actuel, que lui ou un enseignant soit malade, à cause d'une fermeture de classe ou de la mise en place de l'enseignement à distance".

Ce jeudi, Jean-Michel Blanquer a en effet annoncé autoriser les cours à distance au lycée, à condition qu'ils ne dépassent pas la moitié du temps scolaire.

Philo, grand oral et français maintenus

Quant aux épreuves terminales, pour celle de philosophie, le grand oral - une des nouveautés instaurées par la réforme du bac - ainsi que les épreuves écrites et orales de français en première, elles sont donc, pour le moment, maintenues. "À ce stade, on ne peut pas encore parler de bac au contrôle continu", ajoute Alexis Torchet.

Mais pour ce représentant du Sgen-CFDT, les annonces du ministère sont insuffisantes. "On ne sait pas quelle sera la situation sanitaire dans plusieurs mois. Les épreuves de spécialité pourront-elles être maintenues en mars? Seront-elles reportées ou transformées en contrôle continu? Et pour les épreuves finales de juin?"

Nicolas Anoto, délégué national au SE-Unsa, partage les mêmes inquiétudes. "Il faut aller plus loin", estime-t-il pour BFMTV.com. Notamment parce qu'il juge les programmes de spécialités "extrêmement lourds".

"On a déjà eu le problème l'année dernière. On a attendu jusqu'au dernier moment pour finalement annuler les épreuves de français en première. Cela génère beaucoup de stress pour les équipes et les élèves alors que l'année a été difficile et que celle en cours ne le sera pas moins. Or, je rappelle que le plus important, ce sont les apprentissages, pas le temps passé à évaluer. Il faut prévoir dès maintenant plusieurs scénarios."

Quoi qu'il en soit, pour l'instant, les élèves de terminale ont toujours rendez-vous avec la philosophie le 17 juin prochain.

Article original publié sur BFMTV.com