Bénin : un juge dénonce des pressions politiques à quelques jours de l’élection présidentielle

franceinfo Afrique avec AFP
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Un juge de la Cour de la répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) a quitté ses fonctions et fui le pays, dénonçant des pressions du pouvoir, à quelques jours de l'élection présidentielle au Bénin. "Le juge que je suis n'est pas indépendant", affirme Essowé Batamoussi dans une interview diffusée par RFI le 5 avril 2021. "Toutes les décisions que nous avons été amenés à prendre l'ont été sur pression, y compris celle qui a vu le placement de madame Reckya Madougou en détention", explique le juge en charge du dossier de cette opposante, incarcérée début mars et accusée d'avoir "planifié des exécutions en série de personnalités politiques".

"Nous avons été sollicités par la chancellerie car le dossier ne comportait aucun élément qui pouvait nous décider à la mettre en détention"

Le juge Essowé Batamoussi

à RFI

Une justice instrumentalisée

"Ce n’était pas la première fois. Il y a eu pas mal de dossiers où nous avons reçu des instructions de la chancellerie", poursuit Essowé Batamoussi, indiquant qu'il souhaite "aider les collègues qui sont sous pression et amener le peuple à savoir qu'ils n'agissent pas de leur plein gré."

La Criet, cour spéciale mise en place par le président béninois Patrice Talon, est accusée par ses détracteurs de servir d'instrument judiciaire pour museler l'opposition.

Sébastien Ajavon, important opposant arrivé troisième lors de la précédente présidentielle, a été condamné en 2018 par la Criet à vingt ans de prison pour trafic de (...)

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