Des Bélarusses en exil manifestent contre la fermeture de la frontière avec la Pologne

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Des dizaines de Bélarusses en exil, drapés dans des drapeaux blanc-rouge-blanc de l'opposition, ont manifesté samedi à la frontière polonaise, appelant le président Alexandre Loukachenko à lever une fermeture de la frontière.

"Europe, c'est le moment d'agir !", "Imposez des sanctions s'il vous plait", lisait-on sur les pancartes brandies par les manifestants rassemblés le long d'une route encombrée par des centaines de poids-lourds attendant de passer par les contrôles des postes-frontières.

Le 22 décembre 2020, le président Loukachenko a annoncé la fermeture de la frontière terrestre, officiellement à cause de la pandémie, mais pour de nombreux Bélarusses, il s'agissait de museler le mouvement de protestation sans précédent qui secoue le Belarus.

La frontière entre le Belarus et la Pologne, membre de l'Union européenne, reste néanmoins ouverte pour le trafic de marchandises.

Lioubov Kovaltchouk, 42 ans, s'est réfugiée en Pologne en décembre 2020 après avoir été arrêtée pour ses activités militantes. "J'ai l'impression qu'un rideau de fer est tombé. "C'est effrayant, cela sépare les familles".

Son amie Katya Mirzoyeva, 63 ans, a la sensation que les Bélarusses "vivent dans une cage".

Mme Kovaltchouk explique qu'elle a pu retourner deux fois au Belarus car elle avait un visa pour la Pologne. Mais à présent, le Belarus a interdit même à ceux munis d'un titre de séjour étranger de quitter le territoire, dans la foulée de la condamnation internationale de l'arrestation d'un journaliste dissident Roman Protassevitch et son amie russe Sofia Sapega, dont l'avion a été détourné et forcé à atterrir à Minsk en mai.

Cette fermeture "montre que le gouvernement est illégitime. C'est une autre forme de violence à l'encontre de ses propres citoyens", dénonce Tatsiana Koulevitch, 26 ans, partie l'année dernière de son pays et qui vit à présent Bialystok, en Pologne.

"C'est effrayant. Les gens doivent traverser (la frontière) illégalement ou finir en prison".

Son mari, Rouslan, 29 ans, journaliste du portail d'informations Hrodna.life, assure que "de nombreuses personnes voudraient partir". "Tout le monde est fatigué de vivre dans la peur".

Le couple raconte qu'il a pu transiter par la Lettonie mais cette option n'est plus possible. L'Union européenne a interdit vendredi son espace aérien aux vols en provenance du Belarus après l'arrestation de Roman Protassevitch.

Lena Jivoglod, 30 ans, qui a aussi fui son pays en raison de ses activités militante, affirme que les protestataires ont l'intention de rester pendant plusieurs jours près de la frontière et pourraient tenter de bloquer les camions venant du Belarus.

"Nous demandons à l'Europe d'adopter des sanctions massives, immédiates et efficaces", explique-t-elle.

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