Ayman Hariri : "L'explosion du 4 août 2020 au Liban m'a rappelé ce pourquoi mon père a péri"

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La tribune : "Seize ans, cela fait seize ans que j'ai vu mon père pour la dernière fois. Comment est-il possible d'avoir l'impression que c'était hier alors que bientôt deux décennies ont déjà passé? Le 10 février 2005, je me trouvais aux Etats-Unis, j'ai parlé avec mon père par appel vidéo. Lui qui n'était pas un adepte des ordinateurs avait finalement consenti à en utiliser un. Ce jour-là, je lui ai annoncé que ma femme, Sirine, était enceinte de notre premier fils. Sa réaction à cette nouvelle restera un moment que je continue à chérir précieusement. Lors de cet appel, nous avions décidé que j'irais à Paris le mercredi suivant pour pouvoir célébrer cela avec ma mère et lui.

Le destin en a décidé autrement. C'était bel et bien la dernière fois que je l'ai vu et lui ai parlé.

Le 14 février, j'ai appris par les médias qu'une explosion de grande ampleur avait eu lieu à Beyrouth. Ma toute première pensée a été pour ma sœur et ma famille, qui y vivaient. J'ai essayé de les joindre par téléphone pour m'assurer qu'ils étaient sains et saufs. En vain ; les lignes étaient probablement coupées à cause de l'explosion. Au fil des heures, les informations qui me parvenaient montraient clairement que le convoi de mon père était la cible de cette explosion et il semblait, vu l'importance des dégâts, qu'il n'y avait pas de survivant.

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Mon père est mon héros. Le perdre a été la tragédie la plus cruelle que j'ai jamais vécue

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Mon père est mon héros. Le perdre a été la tragédie la plus cruell...


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