Axon renonce à son drone armé d’un Taser pour les écoles

RICARDO ARDUENGO / REUTERS

Face au tollé provoqué par son projet de drone équipé d’un pistolet à impulsions électriques, supposé être utilisé en cas de tuerie de masse dans les écoles, l’entreprise américaine Axon (anciennement Taser International) a finalement fait marche arrière, rapporte le Wall Street Journal. “La société qui fabrique les Taser renonce à développer des drones pour neutraliser les tueurs de masse, après que son comité consultatif d’éthique s’est opposé au projet.”

Après la tuerie d’Uvalde, qui a fait 21 morts dans une école primaire au Texas en mai, Axon avait annoncé le développement d’un “drone équipé d’un Taser pour faire face aux fusillades de masse”, estimant que ce dispositif permettrait de “potentiellement sauver des vies”.

Le comité consultatif d’éthique indépendant de l’entreprise a toutefois émis de “sérieuses réserves quant au projet”, en évoquant les dangers d’un usage détourné du dispositif. Lundi 6 juin, neuf des 13 membres du conseil ont même démissionné, détaille le quotidien économique.

Rick Smith, fondateur et directeur général d’Axon, a fait marche arrière en expliquant qu’un “drone télécommandé équipé d’une arme non létale dans les écoles est une idée, pas un produit”. S’il dit regretter la démission des membres du comité d’éthique, il s’engage à “respecter leur choix” et à chercher “d’autres options technologiques”.

Image et éthique

L’entreprise qui a créé le pistolet à impulsions électriques Taser avait changé de nom en 2017 pour adopter celui de sa filiale spécialisée dans les caméras corporelles. Une façon de redorer son image. Elle s’est dotée d’un comité d’éthique en 2018. Lequel “n’a pas le pouvoir d’approuver formellement des produits”.

Le projet de drone Taser, exploré pour équiper la police, lui avait été présenté l’an dernier. Le comité l’a rejeté en mai “à la majorité”. Selon un ingénieur, membre démissionnaire, Axon “n’a pas écouté” leurs objections. Quant au président du comité, lui aussi démissionnaire, Barry Friedman, professeur de droit constitutionnel à l’université de New York, il est catégorique :

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