Pour avorter légalement, des Américaines vont devoir faire des centaines de kilomètres

La plupart des avortements sont désormais illégaux dans le Missouri après la décision de la Cour suprême des États-Unis de mettre fin à une protection constitutionnelle de l'avortement. (Photo: via Associated Press)
La plupart des avortements sont désormais illégaux dans le Missouri après la décision de la Cour suprême des États-Unis de mettre fin à une protection constitutionnelle de l'avortement. (Photo: via Associated Press)

La plupart des avortements sont désormais illégaux dans le Missouri après la décision de la Cour suprême des États-Unis de mettre fin à une protection constitutionnelle de l'avortement. (Photo: via Associated Press)

AVORTEMENT AUX USA - Après la révocation de l’arrêt garantissant depuis près de 50 ans le droit à l’avortement aux États-Unis, les habitantes de plusieurs États du centre et du sud du pays se retrouvent désormais à plusieurs centaines de kilomètres de la clinique la plus proche où l’IVG est encore légale et sécurisée, même s’il existe pour l’instant toujours la possibilité de se procurer des pilules abortives jusqu’à 10 semaines de grossesse.

À ce titre, le New York Times a publié une carte représentant les distances à parcourir pour celles-ci, cela avant la décision de la Cour suprême et après. Sur cette carte, relayée ci-dessous, chaque clinique pratiquant l’avortement est représentée par un point noir.

Le New York Times estime qu’un quart des femmes américaines en âge de procréer devra parcourir au moins 322 kilomètres (200 miles) pour avoir accès à une IVG. Selon les calculs de nos confrères du Monde, en Louisiane, des femmes qui ont en moyenne 60 kilomètres à faire pour se rendre dans une clinique devraient en traverser plus de 1000. En Arizona, la moyenne passerait de 17 à plus de 400 kilomètres.

Des distances qui pourraient encore s’allonger à mesure que d’autres États choisissent d’interdire ou de limiter l’avortement. Le nombre d’Américaines éloignées de plus de 322 kilomètres d’une clinique pratiquant l’IVG s’élèvera, par exemple, à 24 millions si le Kansas, la Floride et la Virginie s’ajoutent aux 13 États ayant déjà ou étant en passe d’interdire l’avortement.

Parmi les premiers États à interdire l’avortement à la suite de la décision de la plus haute juridiction américaine, on retrouve notamment le Missouri, la Louisiane, le Kentucky ou encore le Dakota du Sud.

Seulement deux cliniques à moins de 6 heure de routes de Dallas

Pour mieux réaliser les distances, le New York Times propose également de visualiser les temps de trajets nécessaires depuis plusieurs villes américaines pour trouver la clinique pratiquant l’IVG la plus proche.

À Jackson dans le Missouri, premier État à avoir officiellement interdit l’avortement vendredi, 39 cliniques se trouvaient à moins de six heures de route, contre 18 depuis vendredi. La plus proche se trouvant à environ 270 kilomètres de cette ville proche de la frontière avec l’Illinois.

Autre exemple à Little Rock dans l’Arkansas. La clinique la plus proche se trouvait à une trentaine de kilomètres de la capitale et ville la plus peuplée de cet État. Depuis vendredi, il faut parcourir près de 550 kilomètres pour atteindre la clinique la plus proche. Le nombre de cliniques accessibles en moins de 6 heures étant passé de 32 à 9.

Pour certaines Américaines habitants près de la frontière avec le Canada, la solution la plus pratique (mais pas forcément la plus simple sur le plan administratif) sera alors de changer de pays pour avoir accès à l’avortement.

Deuxième État le plus vaste du pays derrière l’Alaska, le Texas illustre parfaitement le trajet futur pour certaines Américaines. À Dallas au Texas, seules deux cliniques se trouveront à moins de six heures de route en prenant en compte la loi de déclenchement dans cet État du Sud, contre 26 avant la révocation de l’arrêt “Roe v. Wade”. Ces deux cliniques sont situées à environ 560 kilomètres d’une habitante de Dallas.

Déjà interdit après six semaines de grossesse, l’avortement et les conditions qui vont avec au Texas préfigurent de la suite des événements pour les États-Unis. D’après Planned Parenthood, équivalent du planning familial en France, entre septembre et décembre 2021, le nombre d’habitantes du Texas ayant eu recours à l’avortement dans un autre État a augmenté de 800% par rapport à la même période en 2020. Laissant craindre le pire pour les semaines et mois à venir.

À voir également sur Le HuffPost: Les États-Unis (un peu plus) divisés après la révocation du droit à l’avortement

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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