Avons-nous vraiment besoin d’un vol sans escale entre Sydney et Londres ?

Avons-nous vraiment besoin d’un vol sans escale entre Sydney et Londres ?
PHOTO SAEED KHAN / AFP

Alors que Qantas vient d’effectuer une commande massive d’avions Airbus pour garnir sa flotte, la compagnie aérienne australienne affirme vouloir être en mesure de relier l’Australie à “n’importe quelle ville” du monde tout en réduisant sa consommation de carburant. Comme l’explique The Guardian, la firme compte ouvrir plusieurs lignes directes avec l’Europe et les États-Unis.

L’agencement à bord des appareils A350-1000 devrait être repensé pour améliorer le confort – réduction du nombre de sièges et création de “zones de bien-être”. En effet, les trajets s’annoncent extrêmement longs : celui entre Sydney et Londres - villes aujourd’hui accessibles avec une ou plusieurs escales - est estimé à près de 20 heures, ce qui en ferait “le plus long vol commercial au monde”. Le PDG, Alan Joyce, annonce “une nouvelle conquête et la fin de la tyrannie de la distance”.

Selon les experts interrogés par le Guardian, contrairement aux affirmations de la compagnie, les bénéfices en termes d’émissions ne seront que minimes. Tony Webber, ancien économiste chez Qantas et désormais à la tête d’un groupe de recherche sur le secteur aérien, est formel :

“Il est vrai qu’en réduisant quatre séquences – deux décollages et deux atterrissages pour un aller-retour –, on peut réduire la consommation de carburant, mais pour qu’un avion reste dans les airs pendant vingt heures sans s’arrêter, il doit embarquer d’énormes quantités de fuel au départ. Toutes ces réserves supplémentaires de carburant pèsent lourd, ce qui signifie que l’avion consomme davantage pour porter ce poids. C’est complètement inefficace par rapport à un avion plus léger faisant une escale pour faire le plein.”

Qantas n’a pour l’instant pas donné d’indication sur les tarifs appliqués à ces nouveaux vols. Webber estime que les prix devraient augmenter de 300 dollars par trajet, “une augmentation correspondant au temps économisé par le passager”.

The Guardian relève également les inquiétudes des médecins concernant la santé des membres d’équipage : “Les effets néfastes de ces vols longue durée pour les rythmes circadiens des pilotes et membres d’équipage seront plus marqués.” Le confort des passagers devra quant à lui figurer en tête des priorités de la compagnie, afin de s’affranchir des risques accrus de thromboses veineuses, notamment pour les passagers voyageant dans les sièges étroits de la classe économique, et des conséquences sur la santé mentale d’un confinement de vingt heures.

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