Avoir comme voisins Harry et Meghan? Non merci

Le couple ne peut-il pas s'installer ailleurs qu'au Canada? | Daniel Leal-Olivas / AFP

[BLOG You Will Never Hate Alone] Le Canada vaut mieux que ce couple de tourtereaux ahuris dont on se demande encore si ce sont de simples pantins ou des êtres de chair et de sang.

Je dois être maudit. Je pensais avoir trouvé l'endroit idéal pour goûter à une paix bien méritée et voilà que j'apprends que le Prince Harry et sa dulcinée songeraient à s'installer tout près de chez moi, dans ce Canada de cocagne où l'exil a des parfums d'exotisme. La planète n'est-elle pas assez grande pour que le couple princier choisisse précisément de poser leurs valises à quelques kilomètres d'ici, dans un endroit si reculé que même les baleines hésitent à venir s'y baigner?

De qui se moque-t-on?

Ils ne pouvaient pas s'attarder quelque part en Irlande, au fin fond d'un château écossais, en plein marécage gallois? Quel besoin de venir au Canada, le pays le plus emmerdant au monde, au lieu de brûler leur jeunesse ou ce qu'il en reste, dans une ville-monde, Singapour, Tokyo, New York, Saint-Pétersbourg, Amiens, cités vibrionnantes qui jamais ne connaissent le repos? Ils veulent quoi, nos deux amoureux? S'enterrer de leur vivant dans une contrée sans intérêt où il ne se passe jamais rien, pays sans charme ni paysage, peuplé d'individus amorphes dont la seule préoccupation dans l'existence est de boire des litres de café en regardant la pluie ou la neige tomber? À mon image, quoi.

Il est vrai qu'au Canada personne ne viendra jamais les importuner. J'en sais quelque chose. Dix ans que j'habite ici, dix ans que personne ne m'a jamais abordé pour me demander un autographe ou un selfie. D'ailleurs je pourrais parfaitement descendre dans la rue déguisé en ours sauvage coiffé d'une kippa que personne ne trouverait rien à redire. Le Messie en personne déciderait d'apparaître dans une ville canadienne qu'il lui faudrait rameuter terre et ciel pour qu'on daigne s'apercevoir de sa présence. Ils (...) Lire la suite sur Slate.fr